Octobre/Marie-Anne Lorgé

«On ira en haut des collines/ Regarder tout ce qu’octobre illumine»: c’est Francis

Cabrel qui signe cette invitation qui sent le marron… et donne envie de se blottir.

Voilà, on se met en pelote, on se ramasse, se racrapote, se recroqueville dans un fauteuil, sous les draps, au coin du feu, comme un chat ou (selon Zola) comme pour se dérober à une arme.

La faute à cette poésie qu’exhale invariablement la nature décomposée. Ou qui, se décomposant, libère des couleurs comme un jus.

On ne se lasse pas du spectacle, qui tient du «chant du cygne» – une expression qui remonterait légendairement à Socrate, désignant la dernière chose remarquable réalisée avant d’agoniser.

C’est très biographique, octobre, on en profite pour parler de l’école – c’est l’époque des photos de classe, des herbiers, des combats de glands – et, donc, du clivage ou de la confusion entre le langage – les mots d’entre les maux – et l’orthographe, de l’élève dissipé que l’on a été, des fautes (d’accords, de pluriels et d’exceptions à la règle) qui nous ont valu d’être privé(e)s de récréation.

Octobre, c’est un entre-deux, fait de brumes et de soleils pâles, de silences et de vents rebelles, c’est aussi du sang d’Histoire et des pages

pleines d’histoires. En tout cas, pelles et brouettes en témoignent, octobre ne badine pas avec les feuilles mortes.