Il n’y a pas de dîner gratuit / Pourquoi pas?

Le nouveau gouvernement entend vouloir instaurer la gratuité du transport public au lieu de mettre la priorité sur l’optimisation du service public; une mesure a priori positive, mais qui méconnaît la réalité du problème.

Cette fausse bonne annonce, d’ailleurs rejetée par les Verts dans leur programme électoral, est une mesure populiste et électoraliste car, évidemment, le transport public ne sera jamais gratuit, mais financé davantage par les impôts et les deniers publics.

Les récentes discussions indignes autour du poste de commissaire européen ainsi que l’attitude hautaine et délibérée de différents partis politiques au niveau national et communal de ne pas respecter le vote populaire lors du choix des personnes appelées à servir, illustrent bien le fossé actuel entre certains élus et la vox populi.

Une certaine exaspération est en train de s’imposer dans le débat politique et qui se montre sous différentes formes. Les événements de samedi dernier à Paris en sont une illustration parfaite avec un mélange de colère, de désespoir, de frustration dans la population par rapport à l’absence de réponses. La situation est bien moins grave actuellement au Luxembourg que chez nos voisins et pourtant, il appartient aux responsables politiques de veiller à éviter à créer une frustration similaire.

La classe politique au Luxembourg nécessite davantage de transparence, car seule la transparence entraînera la confiance des citoyens. La transparence, c’est plus qu’un slogan. Au Luxembourg, il faudra un changement de mentalité et agir en conséquence, sans quoi nul ne pourra se réclamer d’être transparent en politique.

Dans un souci de bonne gouvernance et étant donné qu’il s’agit surtout de la gestion des deniers publics, il est indispensable de garantir une transparence maximale à tous les niveaux. En politique, il faut se doter de règles du jeu claires, précises et transparentes, que ce soit au niveau national ou communal.

Lorsque le précédent gouvernement a lancé une réforme du Conseil d’Etat pour davantage de transparence au sujet de cette institution éminemment importante dans le tissu politique luxembourgeois, il faut admettre que le résultat a été fort décevant et la montagne a accouché d’une souris.

Cette même absence de transparence concerne la récente loi sur l’accès aux documents qui est loin d’une loi d’accès à l’information, pourtant nécessaire pour améliorer la gestion de la chose publique. La gestion des affaires de l’Etat doit être accessible au public et à la presse et ne doit pas éveiller des soupçons de vouloir cacher des informations. Cette loi et l’approche des gouvernements successifs par le passé ne témoignent pas d’un grand enthousiasme pour garantir une transparence digne de ce nom. Le nombre de restrictions et d’exceptions rend l’exercice difficile et souligne l’absence de conviction quant au sujet.

La transparence réellement voulue a son prix, un juste prix.

Maurice Bauer