Nucléaire: Greenpeace défie EDF avec un tir de feu d’artifice à Cattenom

Deux jours après une mise en garde sur la sécurité des centrales nucléaires françaises, des militants de Greenpeace ont défié jeudi EDF en s’introduisant sur le site de la centrale de Cattenom (Moselle) afin d’alerter sur le risque autour des piscines de combustible usagé.

EDF a reconnu une intrusion sur la centrale, mais affirme que les militants ont été rapidement stoppés. « Pas d’accès à la zone nucléaire. Pas d’impact sur la sûreté des installations », a tweeté EDF Cattenom. « Les militants de Greenpeace sont de retour sur le site d’une centrale nucléaire afin de dénoncer les risques qui planent sur ces installations », a fait savoir l’ONG dans un communiqué diffusé après l’intrusion.

C’est la première fois que des militants de l’ONG pénètrent dans la centrale de Cattenom. Vers 07H00, huit militants étaient en garde à vue, ont précisé la préfecture de Moselle et Greenpeace, qui ne donnent cependant pas la même version de l’intrusion. Selon un communiqué de la préfecture, les militants « se sont introduits dans l’enceinte extérieure » et « l’alerte a été aussitôt déclenchée et a permis au peloton spécialisé d’interpeller les auteurs dans des délais extrêmement courts ». Selon EDF, ils ont été interceptés par les gendarmes 8 minutes après leur intrusion. Condamnant « avec vigueur des actions violentes d’un mouvement multipliant les illégalités », l’opérateur a annoncé qu’il allait déposer plainte. L’alarme s’est déclenchée à 05H45 et l’intervention a eu lieu avant 06H00, a précisé Georges Bos, directeur de cabinet de la préfecture de la Moselle, assurant que « les militants n’ont approché aucune partie sensible du site ».

Une procédure de reconnaissance et de levée de doute était en cours vers 08H45, a-t-il ajouté, afin de s’assurer qu’il ne restait personne sur le site. Si un feu d’artifice a été tiré, a précisé à l’AFP M. Bos, le tir n’a eu lieu qu' »au niveau des portails, soit à l’extérieur du site ». Cependant, dans des images publiées sur leur compte Twitter, on peut voir les militants de Greenpeace tirer un feu d’artifice au pied d’un bâtiment de la centrale, qu’ils présentent comme la piscine de combustible usagé. « Nous avons déclenché l’alarme dans la première clôture, mais nos militants ont continué tranquillement, sont allés au pied de la piscine. Ils étaient dans la zone nucléaire », a affirmé à l’AFP Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France. « Nous étions directement au pied de la piscine ». Or, c’est bien sur la vulnérabilité de ces installations qu’a voulu alerter l’ONG, deux jours après la remise d’un rapport d’experts sur ce sujet.

Dans un rapport, dont les extraits les moins sensibles ont été publiés mardi, sept experts mandatés par l’ONG se sont penchés en particulier sur la capacité de résistance des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés en France et dans les centrales belges de Doel et Tihange. Ils ont pointé du doigt ces piscines, qui peuvent contenir plus de combustibles que les coeurs des réacteurs, mais qui ne sont pas protégées comme ces derniers par des enceintes de confinement renforcées.

Avec La Hague et Creys-Malville, la France compte un total de 63 piscines de combustibles usés. Greenpeace accuse EDF de n’avoir « pas procédé aux renforcements nécessaires » malgré plusieurs rapports précédents.

 

Centrales nucléaires: renforcement de tuyauterie dans plusieurs unités de production (EDF)

 

EDF procède au renforcement de la tuyauterie dans les stations de pompage de plusieurs unités de production d’électricité nucléaire afin de garantir leur résistance en cas de séisme et éviter un risque d’inondation, a annoncé mercredi l’opérateur dans un communiqué.

« Des investigations approfondies ont révélé des épaisseurs de métal sur certains tronçons des tuyauteries ne permettant pas de justifier leur tenue en cas de séisme équivalent aux séismes +de référence+ », a écrit EDF dans son communiqué.

Les analyses ont mis en évidence « un risque d’inondation de la station de pompage pour vingt unités de production, rendant indisponible les deux circuits d’alimentation en eau du réacteur ».

Les renforcements de tuyauterie ont été réalisés pour neuf unités de production: Belleville 1-2, Cattenom 3-4, Dampierre 1- 2, Golfech 1-2, et Saint-Laurent-des-Eaux B1.

Les travaux sont en cours pour cinq autres en cours d’arrêt: Chinon B3, Cruas 1, Dampierre 3, Nogent 1, Saint-Laurent-des-Eaux B2. Enfin, « pour six unités de production en fonctionnement, un des deux circuits de refroidissement du réacteur a été sécurisé, ce qui garantit le fonctionnement de la centrale en toute sûreté même en cas de séisme.

Les opérations de sécurisation du deuxième circuit de refroidissement sont en cours », précise EDF. Il s’agit de Cattenom 1-2, Chinon B4, Cruas 4, Dampierre 4, Nogent 2. En conséquence, EDF a déclaré lundi à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un « événement significatif de sûreté dit +générique+ car commun à vingt unités de production, classé au niveau 2 de l’échelle INES » qui en compte 7. « Les défauts à l’origine de cette déclaration n’ont eu aucun impact sur la sécurité des salariés ni sur l’environnement ». Par ailleurs, un événement de niveau 0 a été déclaré à l’ASN et « les opérations de renforcement des tuyauteries concernées sont en cours » sur neuf autres unités: Cruas 2-3, Paluel 3-4, Saint-Alban 1-2 et Tricastin 1-3-4.

L’unité de production n°2 de Paluel, en arrêt programmé prolongé, est en cours de contrôle. « Pour 28 autres unités de production, les contrôles effectués ont démontré l’absence de risque d’inondation de la station de pompage en cas de séisme équivalent aux séismes +de référence+ ».

Une centrale nucléaire dispose d’une station de pompage qui approvisionne en eau l’ensemble de l’installation grâce à l’eau de mer ou du fleuve avoisinant.