Nobel folk

MARIE-ANNE LORGE

Le poète folk Bob Dylan l’avoue, il n’a pas toujours tout compris de ses chansons! Lesquelles ont toutefois galvanisé la contestation… d’une génération vrillée aux années Nixon, à la guerre du Vietnam et au mouvement hippie. Et voilà Dylan, icône populaire, né Nobel de littérature – ce, le jour même du décès de cet autre Nobel que fut Dario Fo, dramaturge subversif, passé du coup à la trappe.

En consacrant une contre-culture d’hier, l’Académie de Stockholm a-t-elle voulu réveiller celle qui, aujourd’hui, se fait attendre?

Ou la politique nobélienne n’a-t-elle pas tout bêtement surfé sur le constat qui prévaut désormais, celui de l’appauvrissement de la culture?

Ou alors, consciente de la diversité de la chose littéraire, n’a-t-elle pas ainsi plaidé en faveur de ce qui fait défaut à la parole chantée actuelle, hégémonique, à savoir la qualité?

En tout cas, si en matière de chimie ou de médecine, les levers de boucliers sont rares, par contre, dès que le Nobel concerne la paix et la littérature, il divise. Curieux, non?

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