No future / Face à l’urgence écologique

 

Olivier Tasch / De l’espoir! C’est en premier lieu ce que demandent les dizaines de milliers de jeunes qui font l’école buissonnière une fois par semaine. Celle qui a lancé le mouvement, la Suédoise Greta Thunberg, justifie sa démarche avec des arguments implacables. Pourquoi diable aller à l’école, s’il n’y a pas d’avenir? Face à l’urgence climatique, miser sur les bonnes actions des générations futures est suicidaire, dit-elle.

Les jeunes, à la différence des dirigeants qu’ils interpellent, ont sérieusement accompli leur devoir. Ils exhortent ainsi ceux qui sont aux manettes à en faire autant, à écouter les scientifiques, à suivre l’Accord de Paris sur le climat et les rapports consécutifs du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Ce fameux rapport que visiblement les députés luxembourgeois n’ont pas (encore) pris le temps de lire si on en croit l’échange entre un militant écologiste et les parlementaires lors d’un débat sur les emballages plastiques, début février.

Les experts du GIEC se penchent sur les conséquences d’un réchauffement planétaire supérieur à 1,5 °C par rapport au niveau préindustriel. Leurs conclusions ne sont guère réjouissantes puisqu’ils estiment que la réalisation des engagements de l’Accord de Paris ne suffira pas à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. «L’impact sur la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, la sécurité humaine et la croissance économique va augmenter par rapport à aujourd’hui, dans le cas d’un réchauffement de 1,5 °C, et plus encore dans le cas d’un réchauffement de
2 °C.» Voilà pourquoi les jeunes font l’école buissonnière. Le constat est sans appel et pour le moins inquiétant. Pourtant, on ne peut se détacher du sentiment que la majorité de la classe politique détourne le regard. Pour être honnête, une grande partie de la population fait de même…

Nos modes de vie sont notamment en cause et ils sont donc à changer radicalement: aujourd’hui, en une fraction de seconde, un bon million de kilo de CO2 est émis dans l’atmosphère. Les experts prédisent des conséquences irréversibles et néfastes pour l’environnement d’ici 2030.

L’espoir c’est donc que ces jeunes remportent leur combat et que chacun passe enfin à l’action.