Ne pas fumer ne tue pas les bistrots

490_0008_14017920_20141117_Anti_tabac_loi_9_mois_apres_c509 résidents ont été sondés sur leur attitude par rapport au tabac depuis l’interdiction de fumer dans les cafés. Leur consommation serait en baisse.

Depuis le 1er janvier 2014, impossible d’en griller une dans un café, à la rare exception de ceux équipés de fumoirs, lieux souvent clos qui incitent peu à la convivialité. L’Horesca avait crié au fou, prédisant la disparition de nombre d’établissements: bars, cafés, discothèques… Une enquête réalisée par TNS Ilres permet aujourd’hui à la ministre de la Santé, Lydia Mutsch, de dire qu’il n’en est rien. Que certes, on peut voir disparaître des petits établissements de quartier un peu passés de mode, mais que l’interdiction a ramené au café quantité de non-fumeurs, et que la désaffection des fumeurs n’est pas dramatiquement élevée.
La majorité (76%) des consommateurs n’a pas modifié sa fréquence de visite des débits de boissons après l’entrée en vigueur de la loi. 17% des sondés indiquent par contre qu’ils vont plus souvent au café, alors que seulement 7% ont réduit leur fréquentation. Il y a clairement une réappropriation des lieux, plus respirables, par les non-fumeurs. Les dépenses effectuées au coin du zinc sont même en légère augmentation… ce que conteste pourtant l’Horesca.
Ces chiffres sont à mettre en perspective avec les statistiques nationales: 20% des résidents sont des fumeurs (25% d’hommes, 15% de femmes). Et l’on constate qu’on fume toujours beaucoup parmi les tranches d’âge les plus jeunes (27% des 16-24 ans et 25% des 25-34 ans sont fumeurs, contre 11% chez les plus de 65 ans).

[cleeng_content id= »165714327″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Tout doux, les jeunes

Ceci dit, les tout jeunes, certes nombreux à tâter de l’herbe à Nicot, ont une consommation nettement plus raisonnable que ceux qui sont dans la force de l’âge professionnel. 28% des 16-24 ans auraient même réduit leur consommation depuis le 1er janvier, alors que la moyenne est de 12%.
On conçoit encore mieux l’intérêt d’accompagner la sortie du tabac quand on constate que 69% des fumeurs jugent la loi positive. Pas si loin des 84% qui sont de cet avis dans l’ensemble de l’échantillon.
Il n’en reste pas moins que la présence du tabac dans la vie des plus jeunes reste préoccupante, et qu’on peut se demander s’il n’y a pas aussi, partiellement, un effet de substitution vers la fumette d’autres produits… illégaux. «Le cannabis, substance interdite, ne faisait pas l’objet de cette enquête, insiste Lydia Mutsch. Les chiffres d’autres études indiquent effectivement une consommation en hausse. Nous n’esquiverons pas le débat sur ce thème. Mais les effets du cannabis sur la santé ne plaident pas pour lui.»
La cigarette électronique, qui bénéficie actuellement d’un vide juridique, devrait être bientôt réglementée. Une directive européenne doit être transposée pour mai 2016. Elle prévoit l’interdiction de certains arômes et additifs dans les cigarettes et des messages d’avertissement sur le paquet, voire la mise en œuvre de l’emballage standardisé.
Lydia Mutsch compte sur un prix soutenu du paquet dans les années à venir, meilleur moyen de dissuader les consommateurs.
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Thierry Nelissen