Les mots voyageurs / Semaine

Jean Portante / Voilà vingt ans que, semaine après semaine, je décortique le voyage des mots ici, et je me rends compte que j’ai oublié de parler du périple du mot «semaine». J’y remédie aujourd’hui.

Si l’on avait gardé l’orthographe en usage jusqu’au XVIe siècle, on aurait identifié tout de suite la source. On écrivait alors «sepmaine», et c’est précisément le «p» qui nous met sur la voie. Il suffit d’y ajouter un «t» et on arrive au chiffre sept. C’est ce qu’est une semaine, une chose relative au nombre sept. «Septimanus», disaient les Romains. Le latin de l’Eglise en a fait «septimana», un espace de sept jours donc.

Un espace qui, jusqu’au XIIe siècle, égrenait la vie religieuse, du lundi au dimanche. Elle s’est, l’Eglise, calquée sur le grec, pour définir cet espace-là. «Hebdomos», disait et dit-on du côté d’Athènes. Qui signifie «le septième». Dérive de «hepta». Qui, lui, provient du sanskrit «sapta».

L’objet que vous tenez entre vos mains en ce moment, votre Jeudi donc, en descend. C’est un «hebdomadaire». Le Jeudi qui, lui, est le journal de Jupiter. Etymologiquement parlant, s’entend.