Les mots voyageurs / Problème

Jean Portante / Le problème est tout près de l’obstacle, quand on va en rechercher la source. Pas la source directe, le latin, où l’on trouve «problema» qui a, à peu près, la même signification qu’en français et les autres langues dans lesquelles il s’est faufilé à partir du XIVe siècle.

Or les Romains n’ont pas inventé le mot. Ils sont allés le chercher chez les Grecs. Où l’on trouve «próblêma». Et c’est ainsi qu’on se rapproche de l’obstacle. Il faut, pour cela, en revenir d’abord au verbe qui l’a engendré, à savoir «probállô».

Si l’on coupe en deux ce dernier, on trouvera «pro» et «bállô». «Pro» signifie, entre autres, «devant». On a fabriqué, en français, à partir de là, le mot «proue», l’avant d’un navire. Quant à «bállô», il est l’équivalent de «lancer».

Tout ça vient de bien plus loin, on s’en doute, mais, pour faire court, disons qu’un problème est, étymologiquement parlant, quelque chose qui a été lancé devant. Et qui, par conséquent, fait obstacle. Et, ô magie du voyage des mots, dans «obstacle» il y a le verbe latin «obsto»: se tenir devant.

Qu’est-ce que je vous disais.