Les mots voyageurs / Préalablement

Jean Portante / Difficile de trouver d’emblée l’origine de cet adverbe, même si on en découpe le préfixe «pré» et le suffixe «ment». Reste alors «alable». Un noyau qui cache son jeu, en partant de l’ancien français «aler», une ancienne forme du verbe «aller». Ce qui fait qu’il faudrait dire «préallablement», mais non.

Cela dit, l’allable est tout simplement ce qui va. Et le préalable, ce qui va avant, en premier. Etonnant, cependant, ce verbe «aller» qui trouve cette forme de «va» et d’«aller», transformé en «ira» au futur. Trois racines pour un seul verbe, un peu trop, non?

Pas si le latin s’en mêle. Qui, pour dire «aller», avait besoin de trois verbes. Il y a «ire» d’où sortent le futur et le conditionnel français, et qu’on retrouve dans «exit» signifiant «aller dehors», sortir quoi. Ensuite les Romains utilisaient «vadere» d’où est issu «va», mais aussi «invasion» et «évasion». Et, enfin, il y avait «ambulare» à l’origine d’«aller». L’«ambulance» vient de là, tout comme le… «préambule». Tiens, tiens, «préambule» et «préalable» disent, de ce fait, étymologiquement parlant, exactement la même chose.