Les mots voyageurs / O(i)gnon

Jean Portante / L’oignon fait la force. Non, ce n’est pas ça, le vrai proverbe, devenu la devise, entre autres, de la Belgique. Mais ça pourrait l’être. LeLes mots voyageurs
O(i)gnon voyage du mot nous le dit. D’où vient l’oignon? Du latin «unionem», l’accusatif d’«unio». «Unio» qui descend de «unus». Or «unus», c’est «un». Le mot «union» en découle. Celle qui fait vraiment la force.

D’où sort alors cet «un» à propos d’oignons? Mais du fait que, contrairement à l’ail, l’oignon a un bulbe unique. Logique, non? A ceci près que les Romains disaient «caepa» pour oignon, à l’époque classique du moins. Qui est entré dans les langues latines, sous forme de «cebolla» en espagnol, ou «cipolla» en italien…

Dans toutes, sauf le français. Quoique. Ne le trouve-t-on pas caché dans «ciboulette»? Mais revenons à notre oignon. D’où diable sort le «i» devant le «g»? Il se fait qu’en ancien français, il était assez répandu. On disait «montaigne», par exemple, pour «montagne». C’est donc un «i» historique. Devenu hystérique quand la réforme de l’orthographe l’a coupé.

L’œuvre de ces réformateurs faisant comme si ces «i» n’étaient pas leurs oignons.