Les mots voyageurs / Italie

Jean Portante / Matteo Salvini se prendrait-il pour un taureau? Si oui, il serait, étymologiquement parlant, un vrai Italien. Retraçons, pour voir ce qu’il est, le voyage du mot «Italie», ou, plutôt, les voyages, car il y en a deux.

Celui des Romains d’abord, qui avaient maille à partir avec les peuples qui les entouraient. Une confédération italique s’était en effet révoltée contre Rome.

On a d’ailleurs retrouvé dans les Abruzzes une monnaie du Ier siècle av. J.-C., sur laquelle figure le nom Italia, dérivé de celui d’un roi, Italus, d’un de ces peuples. C’est de lui que serait né le nom «Italie».

Mais la plupart des étymologistes préfèrent remonter jusqu’à la Grèce antique où l’on avait forgé le mot «italós» qui signifie… jeune taureau. Ils se réfèrent au dixième travail d’Héraclès, alias Hercule, consistant à s’emparer du troupeau de bovins de Géryon, le petit-fils de Poséidon et de Méduse. C’est en Espagne que se passe le rapt. Mais quand, épreuve surmontée, il longe les côtes siciliennes, un taureau s’échappe. Héraclès se met à ses trousses, et après l’avoir rattrapé il donne à cette terre le nom d’Italie… Le taureau, quoi.