Les mots voyageurs / Garantie

Jean Portante / Quelle garantie de guérison peut avoir un malade? Je n’en sais strictement rien. Mais je sais que les mots «garantie» et «guérison» sont synonymes. De par leur étymologie, ils sont compagnons de voyage.

Commençons par «garantie». Au début, c’est-à-dire vers 1100, il y a le mot «garant» qui s’écrivait «guarant». Pour cause, puisque c’était le participe présent de «guarir» qui a déguerpi de la langue française.

Quoi qu’il en soit, «guarir» n’est pas de provenance latine, une fois n’est pas coutume, mais trouve sa source près de chez nous, je veux dire géographiquement, puisqu’il vient du francique dont procède également le luxembourgeois. C’est donc le vieux francique «warjan» («protéger» ou «défendre») qui a donné naissance à «guarir». Et, par là, à «garant» et à garantie.

Oui, mais il a donné également naissance, l’orthographe de «guarir» nous met sur la piste, à… «guérir». Et puisque de guérison il retourne, saviez-vous que «malade», qui à un certain moment se disait «malabde», provient d’une contraction du latin «male habitus»? «En mauvais état» quoi. Ce qui affaiblit la garantie de guérison.