Les mots voyageurs / Essaim

Jean Portante /Je ne sais pas vous, mais moi, pendant tout l’été, je suis resté sous la menace d’un essaim de guêpes, sans parler des moustiques. J’ai alors fait l’examen de ma peau, et, tenez vous bien, j’ai appris que le mot «essaim» provient du latin… «examen».

Oui, oui, étymologiquement parlant, l’essaim est un examen. Si on le décortique, on arrive au préfixe «ex», «hors de», et au verbe «agere» qui a donné le français «agir». L’essaim agit du dehors. Soit dit en passant que tout cela a également abouti au français «exiger». Mais revenons à l’examen.

Dans le sens d’essaim, agissant, comme les guêpes, depuis le dehors, il a désigné à Rome, entre autres, une troupe d’hommes ou une horde d’animaux. Mais un deuxième sens est apparu aussitôt, celui de «peser», le «ex» soulignant cette fois-ci que la pesée est terminée, qu’on a pesé exactement.

Par extension, cet examen-là est devenu l’aiguille d’une balance. Et que fait elle, l’aiguille? Eh bien, elle contrôle (le poids). De là à contrôler le poids du savoir, le pas a été vite franchi. L’examen devient dès lors un essaim de questions…