Les mots voyageurs / Avocat

Jean Portante / Il y a deux avocats, le fruit et celui que maintes fois on appelle «avoué». Or l’avocat avoue plus facilement son origine que l’avoué. L’avocat cache mal son jeu étymologique. Commençons par lui.

Si l’on détache le préfixe «ad», on trouve un verbe latin: «vocare». Qui signifie «appeler». Avec le préfixe, on aurait «advocare», dont le participe passé est «advocatus». En est sorti notre «avocat». Qui est quelqu’un qu’on appelle, qu’on – et là on retrouve la source – convoque… à nous défendre.

Il se fait que le verbe «advocare» a également débouché dans le français «avouer». Par adoucissement du son «ca». D’où sort alors le fruit?

Rien ne l’attache à la fonction d’avocat. Et donc à la source latine. Et pour cause. Il n’y avait pas d’avocats du temps des Romains dans nos parages. On les mangeait plus loin. Au Mexique en l’occurrence. Où, jusqu’à l’arrivée des Espagnols, il avait pour nom «ahuacatl», en langue nahuatl. Dont les conquérants ont fait, en 1640, «aguacate», parce ce que c’était ce qu’ils entendaient. Savaient-ils déjà que, pour les Aztèques, ce mot-là désignait également les testicules?