Montagne: une nouvelle saison en pente raide pour une majorité de stations de ski

This photo taken on March 24, 2017 in Planica shows a rack of jumping skis during the FIS Ski Jumping World Cup Flying Hill Individial Competition on March 24, 2017 in Planica. / AFP / Jure MAKOVEC

La plupart des stations de ski françaises ont enregistré une nouvelle baisse de leur fréquentation cette saison en raison du déficit de neige, constatent les professionnels de la montagne, qui en dressent un bilan « contrasté », variant selon la taille des domaines.

Les plus grands et équipés d’entre eux, soit une petite quinzaine répartie sur les massifs les mieux enneigés et misant sur une clientèle plus fortunée, ont tiré leur épingle du jeu. Ils représentent « plus de la moitié de la fréquentation » de la période hivernale et permettent de compenser en partie le recul constaté partout ailleurs. S’ils ne sont pas encore figés – la saison ne s’achevant qu’en mai -, les derniers indicateurs, datés d’avril, permettent de dégager une tendance: la saison de ski 2016-2017 devrait se clôturer, comme en 2015-2016, avec une baisse de la fréquentation avoisinant les 3%.

« Le chiffre sera probablement plus faible que la moyenne des cinq dernières années. De Courchevel à Val Thorens, ce sont les stations haut de gamme qui s’en sortent le mieux », analyse Didier Arino, le directeur du cabinet d’études Protourisme, décrivant une année « moyenne » pour une « grosse moitié de stations » et « plutôt mauvaise » pour un tiers d’entre-elles. L’aménagement du calendrier des vacances scolaires a permis d’éviter « une baisse de deux points supplémentaires », estiment les professionnels. Suivant ce constat, l’hébergement touristique devrait connaître un recul de 3%.

– Hyperfréquentation touristique en février –

Selon les professionnels de la montagne, l’arrivée tardive des premières grosses chutes de neige, constatées au début de l’année 2017, a perturbé le début de la saison et notamment l’importante période des fêtes de fin d’année. « À l’issue des vacances de Noël, la fréquentation était en recul de 20% par rapport à 2015-2016. Fin janvier, ce chiffre est passé à -7%, puis à -1% après les vacances de février, où un pic de fréquentation a été atteint sur deux des quatre semaines », détaille Laurent Reynaud, délégué général de Domaines skiables de France. « Ce qui marque la saison, c’est un grand ensoleillement et, corrélativement, peu de précipitations, comme en décembre ou en mars. Ainsi, la dernière quinzaine de mars a été particulièrement creuse », ajoute-t-il. Autre particularité: sur un même massif, l’enneigement est apparu très contrasté d’une station à une autre.

Dans les Pyrénées, la saison a été « correcte sur la parties Est et extrême-Ouest du massif », tandis que les grandes stations des Pyrénées centrales ont connu une diminution de l’afflux de skieurs. La Savoie et la face Est des Alpes du sud, et en particulier les stations de ski situées le long de la frontière italienne – Risoul, Mongenèvre, le Queyras, Vars – ont bénéficié d’un manteau neigeux conséquent. L’activité a en revanche été plus compliquée dans les Vosges, le Massif central, le Jura, en Isère et en Haute-Savoie. Après le raté du début de saison, les vacances d’hiver ont enregistré un succès inédit, avec une « hyperfréquentation touristique » consécutive aux chutes de neige qui ont blanchi les massifs en janvier.

Les premiers indicateurs laissent à penser qu’elles représenteront « plus de 40% de la fréquentation de l’année ». Quant aux vacances de printemps, elles pourraient s’avérer « meilleures que l’an dernier » en terme de fréquentation, même si certaines stations de ski ont été contraintes d’anticiper leur fermeture en raison du déficit d’enneigement ou de la mauvaise qualité du manteau recouvrant les pistes. Le chiffre d’affaires de la période hivernale devrait au mieux rester stable, en partie grâce à la hausse des prix pratiquée par les hébergeurs et les gestionnaires des remontées mécaniques. Mais « la clientèle des classes moyennes, qui ne part au ski que si toutes les conditions de neige et de météo sont réunies, a manqué », conclut Didier Arino.

afp