Annie Gaspard / 4e édition de «Like a Jazz Machine» à Dudelange, du 14 au 17 mai*. Une drôle de machine et des merveilleux fous du jazz pour un voyage musical audacieux qui croise générations, styles et continents.
Like, like, like!
C’est une belle histoire d’amour entre le jazz et Dudelange. Voilà un quart de siècle que cette musique libre hante l’ancienne cité sidérurgique. Et voilà quatre ans déjà que la Ville de Dudelange et son Centre culturel régional (CCRD) ose un festival international qui porte ce drôle de nom de «Like a Jazz Machine». Une synergie pleine d’audace entre artistes, public et professionnels de la musique jazz.
«Non pas une programmation commerciale mais une affiche que nous voulons de qualité où se rencontrent passé, présent et futur et où transparaît cette mission de service public qui nous tient à cœur, celle d’encourager et soutenir les artistes luxembourgeois dans leur ascension internationale» aime à répéter Danielle Igniti, la directrice du CCRD.
Made in L
Pour sa 4e édition, le festival met la barre très haut et invite, durant quatre jours, à un voyage à travers le monde avec plus de 70 musiciens (16 groupes et ensembles) croisant Pays-Bas, France, Etats-Unis, Belgique, Liban, Italie, Autriche, Suède, Allemagne, Suisse, Danemark, Angleterre et… Luxembourg. Et du sacré jazz «made in L»!
Celui de trios de percussionnistes, Pit Dahm (feat. Harmen Fraanje) d’un côté, Jeff Herr de l’autre, celui des quartets du pianiste Michel Reis et vibraphoniste Pascal Schumacher qui présentera en exclusivité son nouvel album Left Tokyo Right.
Sans compter le projet bourgeonnant du bassiste électrique et compositeur Pol Belardi pour un Urban Voyage conçu pour 11 musiciens qui ouvre le jazz à toutes les musiques d’aujourd’hui et entraîne dans l’aventure de jeunes étudiants du jazz. Et le percussionniste Paul Wiltgen que l’on retrouvera aux côtés de l’incontournable guitariste de la Nouvelle-Orléans, Brian Seeger (Organic Trio).
Une belle et prometteuse relève du jazz luxembourgeois qui croisera des nouveaux hérauts du jazz européen, comme ces deux lauréats aux dernières Victoires du Jazz, le saxophoniste soprano Emile Parisien («artiste de l’année») et l’accordéoniste Vincent Peirani («Révélation de l’année») pour un trio très attendu avec le clarinettiste mythique Michel Portal; le très inventif sextet du trompettiste transgressif (F) Antoine Berjeaut; le batteur Florian Dauner en duo Dauner-Dauner avec son Wolfgang de père, vieux routier extravagant du piano jazz allemand; ou l’envoûtant trio anglo-danois Phronesis.
Maceo ooo!
Un festival qui ose et expérimente – à pointer encore Radio String Quartet Vienna, ce quatuor autrichien à cordes iconoclaste ou Wayne Krantz (USA) et sa guitare électrique exploratoire majeure. Un festival fidèle aussi qui invite à nouveau le fils de Clint et brillant contrebassiste Kyle Eastwood ou ce grand joueur de oud libanais Rabih Abou-Khalil véritable poète de l’entre-deux mondes.
Un univers jazz bigarré à l’image du jazz d’aujourd’hui qui ne renie en rien les légendes puisqu’elles seront en haut de l’affiche: le trompettiste Franco Ambrosetti (CH) qui invitent d’autres géants (Terri Lyne Carrington, Greg Osby et Buster Williams) et, au fronton, le BIG saxophoniste Maceo Parker, qui, en clôture du festival, métamorphosera l’opderschmelz en un temple du funk, du jazz et de la soul.
Like, like, like!
* Au Centre culturel opderschmelz, Dudelange. Programme et infos: www.opderschmelz.lu ou www.jazzmachine.lu . Réserv. tél.: 51.61.21.811.




