Mise en place / Objectif 2018

Jacques Hillion / Un parfum de campagne électorale a flotté sur l’exercice des bilans parlementaires qui vient de s’achever. Après tout, les élections communales ont lieu le 8 octobre. Sauf que, ici ou là dans les partis, certains ont déjà la tête à 2018. Ils le disent et affichent plus ou moins clairement leurs ambitions. Ainsi, le vice-premier ministre, Etienne Schneider, n’y a pas été par quatre chemins en déclarant qu’il se verrait bien Premier ministre en fin d’année prochaine. Jeudi dernier, ce fut le tour du Premier actuel, Xavier Bettel, d’exprimer son espoir de conserver le même maroquin. Ou, de manière moins péremptoire, de poursuivre la politique de réformes entamée par l’actuelle coalition.

Jouerait-on des coudes pour s’imposer?

La route est encore longue et chacun pose ses jalons. Le premier d’entre eux, et non des moindres, est que chaque parti a finalement sa philosophie. Point question donc d’afficher ses préférences afin de ne pas se fermer les portes d’un avenir possible. Seule exception à cette règle, le CSV qui a déjà annoncé ne pas vouloir s’allier avec l’ADR.

Du côté de la majorité, chacun rappelle ses particularités quitte à se montrer conciliant avec le CSV que les sondages donnent grand vainqueur en 2018. Rappelons toutefois que ces derniers ne sont que le reflet de l’instant présent et que, donc, beaucoup d’eau est encore appelée à couler sous les ponts.

Il n’empêche que derrière les postures individuelles, l’envie de poursuivre le travail entamé en 2013 est réelle. Xavier Bettel l’a exprimée avec diplomatie en énonçant la modernisation en cours du pays et en rappelant que ce travail n’était pas encore achevé et, surtout, que l’équipe gouvernementale en place s’entendait bien. Et en plus, la coalition a de sérieux atouts en main, de la fiscalité qui profite à tout le monde à la petite enfance en passant par la réussite économique (lire ci-dessous) et les idées innovantes telle la recherche minière spatiale à laquelle même le CSV adhère.

Face à cela, les conservateurs prennent acte de la situation. Au-delà de l’esprit revanchard qui est encore présent dans une partie de leurs rangs et des positions d’opposition formelle, ils ne se disent pas forcément prêts à détricoter à tout crin.

L’apanage de ceux à qui on prête une victoire trop facile? Seul l’avenir le dira.