Michel Legrand retrouve Natalie Dessay pour un album qui flirte avec la comédie musicale

Le compositeur Michel Legrand et la soprano Natalie Dessay, déjà partenaires pour un disque et une tournée (« Elle et lui »), se lancent dans une aventure inédite avec un disque et un spectacle entre oratorio et comédie musicale, « Between yesterday and tomorrow ».

Le CD (Sony Classics) qui paraît le 17 novembre sera en effet suivi d’un spectacle en mars au Théâtre des Champs-Elysées et d’une tournée. « J’ai eu cette idée quand j’habitais en Californie il y a 40 ans, avec des auteurs américains que je vénérais, qui sont des poètes, qui ont écrit des chansons sublimes (Alan et Marilyn Bergman) », raconte Michel Legrand, 85 ans. « Je leur ait dit +pourquoi pas un disque qui irait au-delà d’une succession de chansons, avec un fil narratif qui raconterait l’histoire d’une femme+ », explique-t-il.

Il propose le projet à Barbra Streisand, qui finit par avouer qu’elle ne veut pas chanter la naissance ni la mort, « trop bouleversantes pour elle », rapporte-t-il. Le projet dort dans ses cartons jusqu’à ce que Michel Legrand rencontre Natalie Dessay, pour le projet « Elle et lui » (2013). « Je l’ai poursuivi pendant 5 ans pour qu’il parte à Los Angeles retravailler avec les Bergman », lance en riant Natalie Dessay. « Mon opiniâtreté a payé! » « Ce n’est pas vraiment de la comédie musicale, mais c’est plus que des chansons, une heure de musique ininterrompue, toute la vie d’une femme », dit-elle. « Moi, je ne suis pas superstitieuse, je chante la naissance et la mort », ajoute-t-elle.

Porté par un orchestre symphonique, « Between yesterday and tomorrow » a le lyrisme et l’émotion des compositions de Michel Legrand, génial auteur des musiques des « Parapluies de Cherbourg » (1964) et des « Demoiselles de Rochefort » (1967) dont on fête les 50 ans. Les chansons en anglais alternent les moments jazzy ou sentimentaux, avec une grande diversité musicale qui évoque immédiatement des images, comme dans un film.

Pour Michel Legrand, la chanson est une évidence: « J’adore la chanson, pour moi c’est un opéra de trois minutes, il y a des chansons sublimes, Brassens, Brel, Léo Ferré, Claude Nougaro, ils ont fait des chefs d’oeuvre ». « C’est un oratorio pour une voix, orchestre symphonique sur scène et entre les arias, des divertissements », explique-t-il. « En scène, on va regarder une femme naître, vivre et mourir ». Et d’essuyer une larme lorsque les dernières notes de « Last Breath » (dernier souffle) s’évanouissent.