Groupe Post: Mi-figue, mi-raisin

Christophe Colpo  /Le chiffre d’affaires du groupe Post croît

de 2,1% pour atteindre 691,5 millions d’euros

Le bénéfice avant intérêts et impôts recule de 7,1 millions d’euros par rapport à 2013 à cause, notamment, de la hausse des amortissements.

Les résultats financiers du groupe Post affichent un retour tangible à la croissance après deux exercices comptables marqués par le déclin des métiers historiques (distribution postale et téléphonie fixe). Une diversification des activités, notamment dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, a permis de contrer ce manque à gagner.

Post Telecom, par exemple, a contribué à elle seule au regain à hauteur de 21,2 millions d’euros (+6,1%). Cette hausse est due au succès de l’offre mobile Scoubido lancée en octobre 2014, des accès internet à haut débit LuxFibre ainsi qu’à l’essor des services tels que le Cloud, Managed Services et PostTV.

Par ailleurs, «le projet dit Renita, « nouveau réseau de communication des forces de l’ordre et des services de secours de l’Etat », a positivement impacté le chiffre d’affaires», commente Claude Strasser en sa qualité de directeur général du groupe.

Le chiffre d’affaires de la maison-mère a, lui, connu une baisse importante de 20,7 millions d’euros. En cause la baisse des frais de terminaison mobiles et une nouvelle adaptation des frais de roaming en juillet dernier.

Charges exceptionnelles

La baisse enregistrée au niveau de Post Courrier se chiffre à quelque 3 millions d’euros. Seule exception: le marché des colis. Il a pleinement profité du succès de l’e-commerce toujours croissant et continuant à progresser de manière significative (+21% en volume). Toutefois, sa part dans le chiffre d’affaires global de Post Courrier est trop faible pour inverser la tendance baissière.

Malgré une hausse de 9,7% des dépôts sur les comptes clients, le chiffre d’affaires de Post Finance est en léger recul par rapport à 2013. Ce recul est imputable notamment aux taux d’intérêt historiquement bas sur les marchés financiers.

Toutes les filiales ont enregistré une augmentation de leur chiffre d’affaires, à l’exception d’Infomail. Les hausses notables se concentrent autour des sociétés VBS et EBRC.

Malgré l’évolution positive du chiffre d’affaires, le résultat avant frais financiers, impôts, dépréciations et amortissements du groupe Post a enregistré une baisse de 1,8 million d’euros.

Parmi les charges d’exploitation qui augmentent de 2,5%, les frais de personnel accusent une hausse de 7,9% (soit 20,8 millions d’euros) à cause d’une augmentation des effectifs. Le groupe est l’un des plus importants employeurs du pays, avec 4.096 personnes occupées en moyenne en 2014 (+3,9%).

Si ce résultat reste constant, le bénéfice avant intérêts et impôts, quant à lui, enregistre un recul de 7,1 millions d’euros. Ce qui s’explique par une hausse des amortissements. Elle est elle-même la conséquence du niveau élevé des investissements des dernières années comme par exemple le déploiement de la fibre optique, la construction de data centers et la modernisation des principaux systèmes informatiques.

La baisse est encore plus tangible en ce qui concerne le résultat avant impôts: -14,8 millions d’euros. Les charges exceptionnelles sont en cause (moins-values actées pour la démolition des anciens bâtiments CFM et provisions pour litiges en cours).

Elles excèdent de 7,5 millions d’euros les produits exceptionnels. Le résultat net après impôts s’élève à 41,3 millions d’euros, contre 60,1 millions d’euros l’année précédente.

En guise d’élargissement, le groupe Post s’efforce toujours d’élaborer un modèle alternatif pour Post Finance. Le modèle économique actuel des CCP (comptes chèques postaux) a atteint ses limites.

En négociation avec Raiffeisen, les suites à donner à ce dossier devraient être connues lors du prochain conseil d’administration prévu en ce mois de juin, aux dires de son président, Serge Allegrezza.