Maîtres exportateurs: Ces PME qui font connaître le Luxembourg

Photo: ©Editpress/Jean-Claude Ernst

Michel Petit / La Chambre de commerce et l’Office du Ducroire remettent leurs lauriers à l’exportation. En tête, un fabricant de kits pour le diagnostic de maladies telles qu’Ebola.

Le secteur de la santé, celui de la construction, celui de la mécanique: Fast Track Diagnostics, Keller et Gilles Tooling sont récompensés pour leur présence à l’étranger.
Un coup de chapeau et un coup de pouce que, mercredi 3 février, la Chambre de commerce et l’Office du Ducroire (ODL), ont donné à ces entreprises par lesquelles le Luxembourg brille de par le monde.
L’Export Award, au rythme biennal, récompense en effet «les PME luxembourgeoises qui se sont démarquées par leurs initiatives et leurs résultats en matière d’internationalisation de leurs activités. Le prix permet de réaffirmer la volonté de l’ODL et de la Chambre de commerce de favoriser les relations économiques et financières internationales dans l’intérêt du Luxembourg et de contribuer ainsi à la dynamique locale en accompagnant les entreprises dans leur stratégie de croissance à l’international».
Pour l’économie luxembourgeoise, l’exportation ce n’est pas rien. Proportionnellement au volume des salariés, le pays dépasse allègrement l’Allemagne, pourtant considérée, en Europe tout au moins, comme la championne toutes catégories de l’exportation.
En 2014, le commerce extérieur portait sur 11,4 milliards d’euros, en augmentation de près de 8% par rapport aux chiffres de 2013. Près de 10 milliards concernent l’Union européenne, les voisins directs surtout (dans l’ordre, l’Allemagne, avec 27,8%, largement devant la France et la Belgique, à un bon 13% chacune).
Le commerce extérieur de proximité entre dans la tradition du monde entrepreneurial luxembourgeois. S’ajoute ce souci des filiales d’entreprises multinationales de prendre Luxembourg pour base de la conquête de l’Europe.

Choix volontariste

Un chiffre évocateur: ces filiales agissant dans l’industrie assurent plus de 90% des exportations de marchandises de l’industrie, orientées vers les pays limitrophes.
Dans une moindre mesure, et dans un souci de diversification, l’exportation s’adresse aux Etats-Unis (6e client avec 440 millions d’euros), à la Chine (202 millions), à l’Inde (32 millions). De l’Afrique (186 millions), de l’Océanie (25 millions), voire des pays émergents comme le Brésil (36 millions), on parle beaucoup moins. De même que du Moyen-Orient.
L’ouverture sur l’extérieur concerne 85% de la production. Même si, officiellement, «le Luxembourg a su élargir ses relations commerciales au niveau international».
Les ministères compétents, heureux du comportement volontariste des entrepreneurs luxembourgeois, aiment également souligner que «le Luxembourg a réussi à s’imposer comme plaque tournante dans les échanges, non seulement dans le domaine financier, mais également au niveau des activités industrielles, des échanges de marchandises et des prestations de services».
Dès lors, la balance courante est largement excédentaire (grâce aussi à l’exportation de services à forte valeur ajoutée), réalisant un surplus tournant autour de 10% d’un produit intérieur brut qui, en 2015, dépasse largement les 50 milliards d’euros, grâce essentiellement au volume des exportations de services. Celles-ci, depuis de longues années maintenant, priment sur la vente des biens.
L’ouverture au commerce mondial a influencé directement les taux de croissance particulièrement élevés au regard des pays voisins et de la concurrence. Le PIB par habitant (115.000 euros) est d’ailleurs le plus élevé du monde (plus que celui du Qatar, le double de Singapour et des USA), un chiffre toutefois faussé par l’importante richesse produite par les frontaliers.
Le Luxembourg axe aussi son développement sur les secteurs des assurances, dont la Libre prestation de services (LPS), également vers l’UE. Et pour éviter une trop grande dépendance par rapport au secteur financier, il tente de se positionner comme centre des nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que de l’audiovisuel. Ce n’est pas pour rien si Amazon, Microsoft, Google, AOL ou eBay prennent position au Grand-Duché.
Celui-ci exporte toujours son fer et son acier, du plastique, des équipements électriques et électroniques, ainsi que des machines.

Risques à l’étranger

La Chambre de commerce se montre favorable pour les années à venir car «l’Europe est sur la voie de la relance économique, qui sera encore renforcée par le plan Juncker. Ceci est une bonne nouvelle pour l’économie luxembourgeoise».
Pourtant, l’exportation ne coule pas de source. Le business à l’international est susceptible de déboires financiers, raison pour laquelle fut mis en place, voici plus de cinquante ans, l’Office du Ducroire, un établissement public disposant d’un guichet unique du gouvernement. Dans ses activités d’assurances (lire par ailleurs), l’ODL, avec la participation de deux premières banques, lance un nouveau produit de garantie pour le remboursement d’acomptes et de performance bonds. «Ce produit, pour lequel l’ODL voit déjà une demande positive, permet aux banques de procéder à une meilleure allocation de capital et aux entreprises de pouvoir accorder des garanties d’achèvement de plus en plus demandées.»

Chiffre: 232.684 euros à l’exportation sont générés par le salarié luxembourgeois, contre 35.227 pour l’Allemand

Lire toute l’enquête à parue dans Le Jeudi du 4 février 2016.