Luxembourg/Emissions de CO2 des voitures: l’UE cherche un compromis

"L'industrie automobile allemande met la politique environnementale allemande au pied du mur, nous voulons mettre un terme à cela aujourd'hui", a déploré le secrétaire d'État luxembourgeois au développement durable, Claude Turmes.

Les ministres de l’Environnement européens se sont retrouvés mardi à Luxembourg pour boucler un accord sur la baisse des émissions de CO2 des voitures neuves, au lendemain d’un coup de semonce des experts de l’ONU sur les dangers du réchauffement climatique.

Ils ont sur la table une proposition de compromis pour un recul de 35% en 2030, par rapport à 2021, préparée par la présidence autrichienne du Conseil de l’UE. Un objectif que l’Allemagne tente de réduire, au grand dam d’autres pays qui lui reprochent de céder à son industrie automobile.

La baisse proposée par l’Autriche est plus ambitieuse que celle suggérée par la Commission européenne fin 2017 (-30% d’émissions moyennes de CO2 en 2030), mais elle reste largement en deçà de celle de 40% défendue par le Parlement européen.

Avant de négocier avec les eurodéputés le nouveau seuil qui s’appliquera dans l’UE, les Etats membres vont devoir surmonter leurs divisions, sous la pression d’une industrie inquiète de ces nouvelles contraintes.

La France plaide « pour une baisse de 40% des émissions CO2 des voitures en 2030 », a déclaré à son arrivée mardi à Luxembourg le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Des pays comme la Suède, le Danemark ou encore les Pays-Bas réclament une baisse plus importante. Mais un autre groupe, incluant des pays de l’Est et l’Allemagne, ne veut pas dépasser l’objectif initial de la Commission.

« L’industrie automobile allemande met la politique environnementale allemande au pied du mur, nous voulons mettre un terme à cela aujourd’hui », a déploré le secrétaire d’État luxembourgeois au développement durable, Claude Turmes.

Faute de consensus, « il n’est pas exclu que l’on doive recourir à un vote à la majorité qualifiée » qui mettrait Berlin en minorité, a indiqué un responsable européen.