L’UE veut pouvoir déplacer plus rapidement troupes et équipements militaires

La Commission européenne a lancé vendredi une réflexion pour faciliter et accélérer les déplacements de troupes et d’équipements militaires, aujourd’hui freinés par des obstacles administratifs et logistiques, ce qui rend l’UE « plus vulnérable ».

L’UE, qui veut relancer l’Europe de la Défense, a pris conscience ces dernières années des obstacles qui empêcheraient le déploiement rapide de troupes en cas de crise à sa frontière, ou même sur son territoire. Ce scénario est jugé plus probable depuis la crise ukrainienne de 2014, où la Russie est accusée d’avoir soutenu en sous-main les rebelles prorusses ayant envahi l’est de l’Ukraine.

L’Otan s’est également saisie de cette problématique, en décidant cette semaine de créer un centre de commandement destiné aux questions logistiques. L’UE entend « coopérer » étroitement avec l’Alliance atlantique sur ce chantier titanesque puisqu’il implique une série d’administrations (douanes, transports etc), des sociétés privées notamment ferroviaires et maritimes, et les états-majors.

Après cette phase de consultations et de réflexion, la Commission veut soumettre un plan d’action aux 28 Etats membres de l’UE au mois de mars prochain, accompagné d’un « calendrier ambitieux ». « Le mouvement rapide de personnel et d’équipements militaires » en Europe « est entravé par des barrières physiques, légales et réglementaires », a souligné la commissaire aux Transports, Violeta Bulc, dans un communiqué.

L’exécutif européen cite l’exemple de « infrastructures qui ne peuvent supporter le poids d’un véhiclue militaire » ou de « lourdes procédures douanières ». « Comme l’ont montré de récents exercices militaires majeurs, de telles barrières peuvent conduire à des retards, des ruptures, des coûts plus élevés et une plus grande vulnérabilité » de l’UE, selon la Commission. « Depuis la fin de la Guerre froide, les mouvements militaires en Europe, par exemple pour des exercices importants, sont devenus bien moins fréquents. Mais dans l’environnement sécuritaire actuel, les forces de défense européennes dépendent de leur capacité à se déplacer rapidement, à la fois dans un contexte UE et Otan », souligne la Commission. En réponse à la crise ukrainienne, l’Otan a entrepris une série de réformes de fond pour renforcer sa « dissuasion » face à une Russie considérée comme plus agressive. Mais pour augmenter encore sa réactivité en cas de crise, l’Alliance atlantique veut désormais pouvoir déplacer sous cinq jours ses équipements les plus lourds (tanks, blindés, engins d’artillerie, etc.), ce qui nécessite de conclure des arrangements avec des acteurs privés, à commencer par les exploitants ferroviaires, et de prévoir des procédures douanières accélérées