L’UE et Singapour signent un accord de libre-échange

Singapore's Prime Minister Lee Hsien Loong (L) shakes hands with European Commission President Jean-Claude Juncker (R)

L’Union européenne a signé vendredi à Bruxelles un accord de libre-échange avec Singapour, qui se veut un message contre le protectionnisme américain.

Cet accord a été signé par le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, en marge d’un sommet dans la capitale belge entre l’UE et l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN).

Les discussions avec Singapour avaient débuté après l’échec en 2009 des négociations de l’UE avec les dix pays de l’ASEAN. Jean-Claude Juncker s’est félicité de cette signature avec un partenaire qui « partage la même vision » que l’UE.

« En cette période difficile sur la scène mondiale, nous avons besoin d’alliés forts tels que Singapour afin de maintenir le système commercial mondial fondé sur des règles », a pour sa part affirmé la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Singapour est de loin le premier partenaire commercial de l’UE au sein de l’ASEAN. Les deux parties ont échangé pour 53,3 milliards d’euros de marchandises en 2017 et pour 44,4 milliards d’euros dans les services en 2016.

Outre la suppression des droits de douane et des obstacles non tarifaires, cet accord commercial « de nouvelle génération » contient aussi des dispositions sur la protection de la propriété intellectuelle, la libéralisation des investissements, les marchés publics, la concurrence et le développement durable.

Le texte doit encore être validé par le Parlement européen avant d’entrer en vigueur en 2019. L’UE et Singapour ont également signé vendredi un accord sur la protection des investissements, qui va de pair avec l’accord commercial.

Ce texte plus controversé prévoit la création d’un tribunal spécial chargé de trancher les différends entre investisseurs, un dispositif critiqué par certaines ONG. Il devra lui être ratifié par les 28 États membres de l’UE, un processus qui pourrait prendre des années.

L’UE a entamé des discussions bilatérales avec d’autres pays de l’ASEAN, dont le Vietnam, un accord qui devrait lui aussi entrer bientôt en vigueur.