L’UE inscrit une division du renseignement iranien sur sa liste terroriste, selon Copenhague

L’Union européenne a inscrit mardi une division des renseignements iraniens sur sa liste des organisations terroristes, a annoncé mardi le Danemark qui accuse Téhéran d’avoir fomenté une opération sur son sol visant des opposants.

Il s’agit de la « Direction pour la sécurité intérieure » du renseignement iranien et de deux responsables de cette division, dont son chef, Saeid Hashemi Moghadam, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Aucun autre pays n’a son service de renseignements sur une liste de terroristes. C’est un signal très fort que nous envoyons à l’Iran », a dit le chef de la diplomatie danoise, Anders Samuelsen cité par le communiqué.

« Cette décision intervient après des projets terroristes déjoués en France et des activités illégales du renseignement iranien au Danemark et en Europe », est-il précisé. Une source européenne a confirmé à l’AFP que deux individus et une entité étaient visés mais n’a pas souhaité donner de détails. « C’est la responsabilité du gouvernement danois d’avoir donné les noms », a-t-elle ajouté.

Le Danemark a en octobre accusé l’Iran d’avoir préparé un « attentat » contre trois Iraniens résidant dans le pays scandinave, membres présumés du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz tenu en partie responsable par Téhéran d’un attentat meurtrier dans le sud-ouest du pays.

Copenhague a depuis cherché le soutien de ses alliés européens sur des sanctions communes, tout en défendant l’accord international sur le nucléaire avec Téhéran.

L’Iran mêlé aux meurtres de deux opposants aux Pays-Bas en 2015 et 2017

Le gouvernement néerlandais a accusé Téhéran mardi d’avoir été impliqué dans les meurtres commis aux Pays-Bas en 2015 et 2017 de deux Néerlandais d’origine iranienne.

Les services de renseignement néerlandais (AIVD) ont « de fortes indications que l’Iran était impliqué dans la liquidation de deux citoyens néerlandais d’origine iranienne à Almere en 2015 et à La Haye en 2017 », selon le texte d’une lettre envoyée au parlement et signée par les ministres néerlandais de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

Les deux victimes, identifiées par la police néerlandaise comme Ali Motamed, 56 ans, et Ahmad Molla Nissi, 52 ans, étaient des opposants au régime iranien, a précisé le gouvernement néerlandais, qui a également annoncé des sanctions prises mardi par l’Union européenne contre Téhéran.

« Le 8 janvier 2019, l’Union européenne a imposé des sanctions au ministère iranien du renseignement et de la sécurité (MOIS) et à deux personnes iraniennes, notamment sur recommandation des Pays-Bas », ont précisé Stef Blok, ministre des Affaires étrangères et Kasja Ollongren, ministre de l’Intérieur, dans leur courrier. Cela signifie que les fonds et autres actifs financiers de cette entité et de ces deux personnes ont été gelés, ont-ils souligné. « Sur la base d’informations émanant de services de renseignement étrangers et de l’AIVD, les Pays-Bas estiment qu’il est probable que l’Iran a été impliqué dans (des préparations) de liquidations et d’attaques sur le territoire européen », ont-ils poursuivi.

Les Pays-Bas avaient expulsé en juin deux employés de l’ambassade iranienne, avaient annoncé en juillet les services de renseignement néerlandais, sans révéler les raisons de ces expulsions. Téhéran a alors protesté contre l’expulsion des deux diplomates, qualifiée de « geste hostile et destructeur », et a menacé les Pays-Bas de représailles. « Il est très encourageant de constater que l’UE vient de convenir de nouvelles sanctions ciblées contre l’Iran en réponse à des activités hostiles et à des complots planifiés et perpétrés en Europe, y compris au Danemark », a réagi dans un tweet le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen. « L’UE reste unie – de telles actions sont inacceptables et doivent avoir des conséquences », a-t-il ajouté.

Le Danemark avaitr rappelé fin octobre 2018 son ambassadeur à Téhéran après avoir déjoué un projet d' »attaque » sur son sol contre des opposants iraniens. Et fin juin les autorités françaises avaient annoncé avoir déjoué un attentat organisé par les services de renseignements de Téhéran et visant un rassemblement en France d’un groupe d’opposants iraniens.