L’UE évacue sa mission de Tripoli et appelle à la fin des combats

Federica Mogherini

L’Union européenne a fait évacuer mercredi de Tripoli les membres d’une mission d’assistance, en raison de l’intensification des bombardements sur la capitale libyenne, cible d’une offensive menée les forces du maréchal Khalifa Haftar, a-t-on appris jeudi de source européenne.

Les membres de la Mission d’assistance de l’Union européenne pour une gestion intégrée des frontières en Libye (EUBAM Libye) ont « temporairement » quitté Tripoli pour revenir en Tunisie où la mission est basée, a expliqué cette source. Cela concernerait une vingtaine de personnes.

L’UE est « préoccupée par les développements très inquiétants en Libye », a par ailleurs annoncé la porte-parole de la cheffe de la diplomatie de l’Union Federica Mogherini. Celle-ci a aussi renouvelé son appel aux belligérants à un cessez-le-feu immédiat et à faciliter l’accès de l’aide humanitaire.

Dès lundi, l’UE avait appelé Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, à arrêter son offensive contre Tripoli et à revenir à la table des négociations pour éviter une guerre civile. « J’ai appelé très fermement tous les dirigeants libyens, et en particulier Haftar, à arrêter toutes les opérations militaires et à revenir à la table des négociations sous l’égide de l’ONU », avait annoncé Mme Mogherini, après une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE au Luxembourg.

La Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères s’est entretenue directement avec le maréchal Haftar et avec Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement reconnu par les Nations Unies. Un projet de déclaration commune a été soumis mercredi aux 28 Etats membres de l’UE. Plusieurs d’entre eux ont exprimé des réserves sur le texte initial et une version modifiée va leur être soumise jeudi pour approbation, a-t-on précisé de source européenne. Les combats dans la capitale libyenne ont fait au moins 56 morts et 266 blessés au cours des six derniers jours, a indiqué jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Des milliers de personnes ont fui leur foyer, tandis que d’autres se retrouvent piégées dans des zones de conflit. Les hôpitaux à l’intérieur et à l’extérieur de la ville (Tripoli, ndlr) reçoivent chaque jour des victimes », a précisé l’agence spécialisée des Nations Unies.