Lorraine: la Compagnie vosgienne de la chaussure en redressement judiciaire

La Compagnie vosgienne de la chaussure (CVC), qui emploie 130 salariés à Champigneulles (Meurthe-et-Moselle) et propriété d’un industriel allemand, a été placée en redressement judiciaire mardi par le tribunal de commerce de Nancy. « Le redressement judiciaire a été ouvert », a annoncé à la presse à l’issue du délibéré l’avocate du groupe Hanse Industriekapital (HIK), propriétaire du site industriel depuis décembre 2016.
La mise en cessation de paiement du fabricant de chaussures, annoncée par la direction lors d’un comité d’entreprise le 24 juillet, a été actée par la juridiction. Un mandataire social et un administrateur judiciaire seront nommés pour une période d’observation de six mois, selon Francisco Rodrigues, délégué syndical CGT.

« Il y a quatre repreneurs susceptibles d’être intéressés. Tout ce qu’on espère, c’est (qu’un candidat) reprenne la majorité des salariés et qu’il y ait le moins de casse sociale », a-t-il commenté. « Il y a des candidats qui regardent la CVC », a confirmé le président de HIK, Marc Eberle, qui n’a pas souhaité commenter la situation de l’entreprise.
« Nous voulions promouvoir le made in France avec une clientèle allemande, c’est triste que cela se termine comme ça », a-t-il consenti à dire.
Le distributeur Vivarte avait cédé la CVC en décembre 2016 à la holding allemande, qui ambitionnait de poursuivre la réorientation du chausseur lorrain vers le haut de gamme. « Aucun investissement n’a été fait, pas d’achat non plus d’une marque et les projets de montée en gamme ont été des échecs », a dénoncé M. Rodrigues.
Le syndicat et le comité d’entreprise avaient alerté au printemps « à deux reprises le président du tribunal de commerce, ainsi que d’autres instances, sur la situation très alarmante de la CVC », a-t-il ajouté.
La CVC, implantée depuis 1896 à la périphérie de Nancy, fabrique des produits d’entrée et de moyenne gamme pour les marques du groupe Vivarte. L’usine a enrichi sa production avec le secteur du haut de gamme et du luxe.
Selon la CGT, la direction a annoncé, lors du comité d’entreprise le 24 juillet, que les commandes n’allaient pas au-delà du 15 septembre. Le savoir-faire bottier de la CVC avait été récompensé en 2016 par le label « entreprise du patrimoine vivant », marque de reconnaissance décernée par l’Etat pour distinguer la production artisanale et industrielle d’excellence.