Entrepreneur de l’année
Pour la deuxième année de suite, c’est un représentant de l’industrie qui est nommé entrepreneur de l’année par EY.
Décryptage.
Dans tout palmarès, un jury fait passer un message. Il fut double cette année, les jurés ayant décidé d’attribuer, en plus du prix principal, un prix spécial du jury.
Prix qui, sans surprise, est allé au «serial entrepreneur» du Luxembourg, Norbert Friob, dont on pourra dire qu’il a été récompensé pour l’ensemble de son œuvre, touffue il est vrai, et largement reconnue par ses pairs et par le grand public, qu’il a touché via deux ouvrages, Parlons commerce et (Re)parlons commerce.
Gary Kneip, président de la Confédération luxembourgeoise du commerce ainsi que du Conseil économique et social, et membre du jury, l’a longuement remercié, se lançant dans un panégyrique qui aurait presque pu faire oublier que le vrai vainqueur, celui qui représentera le Luxembourg lors de la finale mondiale du concours qui aura lieu début juin à Monaco, était René Elvinger, le grand patron du groupe Cebi.
[cleeng_content id= »781421865″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Car c’est le message à retenir du palmarès 2013 du concours de l’entrepreneur de l’année: il y a un futur pour l’industrie en Europe en général, et au Luxembourg en particulier. Et René Elvinger a son idée sur le mode d’emploi: il faut innover et être les premiers à lancer une production à partir de ces innovations. «En matière de production simple, nous ne faisons plus le poids», estime celui qui est, également, membre du haut comité pour la promotion de l’industrie. Et il insiste également sur la nécessité d’un haut degré d’automatisation dans la production ainsi que sur la nécessaire proximité avec les clients. Autant de recettes qu’il a testées dans son groupe, Cebi International où, au plus fort de la crise, il s’enorgueillit de n’avoir pas licencié mais d’avoir su maintenir le cap en ne recourant qu’à sept mois de chômage partiel alors que son chiffre d’affaires avait plongé de 40%.
Pour
l’exemple
Distinguer René Elvinger, c’est aussi mettre en avant un parcours atypique, le parcours d’un entrepreneur qui est entré dans une entreprise en 1976 – Elth à Steinsel en l’occurence –, qui a su bâtir autour d’elle tout un groupe, Cebi International, fort de dix sites de production répartis tout autour de la planète – en Europe, au Luxembourg, au Brésil et en Chine – et qui, au final, à un âge où beaucoup pourraient faire valoir leurs droits à la retraite, a racheté ce groupe où il avait travaillé pendant 35 ans.
Une expérience qui met en avant deux des préoccupations majeures des entrepreneurs aujourd’hui: l’accès au capital et la nécessité de savoir s’entourer des bonnes personnes – associés ou collaborateurs.
Lorsque l’héritier du propriétaire de Cebi International lui propose, en 2011, de reprendre le groupe, René Elvinger (60 ans alors) montera son projet en une seule semaine. Aidé en cela par ses deux filles et son gendre, tous avocats, qui se chargent de rédiger les contrats. Le plus dur, ce fut de trouver le financement. «Ce fut le mois le plus long de ma vie», confie-t-il rétrospectivement.
René Elvinger représentera le Luxembourg lors de la finale mondiale du concours de l’entrepreneur de l’année en juin 2014 à Monaco. Une échéance qu’il n’appréhende pas particulièrement. Ce challenge, il y ira pour le gagner, dit-il.
Marc Fassone
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