Libertés au défi

Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce / Le Luxembourg dispose d’une presse libre, plurielle et critique. Il faut s’en féliciter, car la liberté de la presse, et par extension la liberté d’expression, est un ingrédient tout à fait essentiel au bon fonctionnement d’une démocratie et de l’équilibre des pouvoirs en place. Or, force est de constater que ces libertés fondamentales ont rarement été confrontées à des défis aussi multiples et dangereux que ceux que l’on observe aujourd’hui. Si les tentatives d’influence, de contrôle et de censure ont toujours existé, jamais la pression exercée sur les journalistes et sur la liberté de la presse et d’expression n’a été aussi prononcée qu’aujourd’hui.

La presse professionnelle se trouve ainsi confrontée à un phénomène nouveau, celui des «fake news» qui polluent l’information. Si l’on peut argumenter que l’intox a toujours existé, elle a atteint avec les «fake news» – largement relayées sur les réseaux sociaux et souvent orchestrées par des agences spécialisées en désinformation (elles diront marketing) – une sophistication et une envergure telles qu’elle ébranle jusqu’à leurs fondements les sociétés dites libres et démocratiques. En moins d’une décennie, les temps et le ton ont bien changé et, malheureusement, pas dans le bon sens.

Le fait que des élus politiques et des candidats aux plus hautes fonctions estiment pouvoir s’en tirer en dénigrant la presse libre, en usant de stratagèmes invraisemblables pour tenter de jeter l’opprobre public sur des journalistes qui font leur travail et en amenant le débat public sur le terrain des émotions plutôt que celui des faits et arguments, semblait pourtant appartenir à une époque révolue – du moins en Europe et aux portes de l’Europe.

Dans un contexte où la liberté de la presse est mise à mal, le 20e anniversaire d’un hebdomadaire ne peut être qu’une excellente nouvelle. Qu’il me soit donc permis de souhaiter au Jeudi une très longue vie.