Les mots voyageurs/Inauguration

Jean Portante / Il y a de la prédiction du futur dans l’inauguration. Est-elle de bon ou de mauvais augure, allez savoir. Celle de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem n’augure en tout cas rien de bon. Mais revenons au mot.

Si nous le disséquons, nous arrivons au noyau «augur», or cet «augur» était, à Rome, un prêtre qui faisait «des présages favorables». On venait à lui pour savoir si la fortune qu’on avait allait augmenter. Et, tenez, justement, le mot «augur» provient du verbe «augere» qui signifie… «faire croître», et dont est issu le français «augmenter». Autrement dit, augure et augmentation ont la même origine. «Auteur» d’ailleurs aussi, j’en reparlerai à une autre occasion.

Augurer signifie donc, si l’on se fie à l’étymologie, augmenter. Le mois d’août n’est pas loin. Vous pensez que je divague. Eh bien, «août» c’est «augustus» en latin. Le mois a pris le nom de l’empereur Auguste. Sorti tout droit de «augur». Auguste est donc un «augmenté». En quoi? En pouvoir, pardi! Et l’inauguration dans tout cela, qu’augmente-t-elle? Eh bien, plus rien. Puisque les bons augures ont fini par déserter le mot.