Hôpitaux Robert Schuman: Les limites de l’accord

Michel Petit /Entente générale, mais première protestation devant les Hôpitaux Robert Schuman

Dans le contexte de la fusion, les ennemis d’hier marchent désormais main dans la main. Mais les labos des hôpitaux concernés sont sur le pied de guerre.

Après l’épouvantable feuilleton destructeur de l’été, marqué notamment par des salves de communiqués assassins, la clinique Zitha et l’hôpital du Kirchberg, fusionnés au sein des Hôpitaux Robert Schuman, ont passé des accords rendus publics le 19 octobre.

Le Conseil d’administration du groupe FHRS a dû envoyer au feu l’un des siens, Jean-Louis Schiltz, naguère ministre CSV de la Défense. Avec, pour nouveau grade, la mission de «facilitateur». Après coup, celui-ci confesse volontiers que «les difficultés n’étaient pas réellement insurmontables» et que la communication n’avait pas été un modèle du genre. Toujours est-il que, désormais, le cadre hospitalier et le personnel de la clinique Zitha respirent. Ils craignaient d’être voués à la seule mission de gériatrie, contrairement aux accords originels, globalement entérinés par l’accord ou, plus précisément, selon le «facilitateur», à la feuille de route. Laquelle concerne évidemment les 4 conseils médicaux concernés (avec Ste-Marie, à Esch, et la clinique Bohler, au Kirchberg).

Zitha conserve sa policlinique. Elle poursuivra son autre vocation «onco-viscérale». S’ajouteront d’ailleurs 70 nouveaux lits qui accroissent ses vertus, ou ses chances, de centre de référence en cancérologie. Pas de redondance donc, sur base de l’accord gouvernemental, entre les deux grands pôles dont celui du Kirchberg appelé à devenir le joyau locomoteur auquel s’ajoute l’ophtalmologie.

Le Dr Marco Hirsch, président du conseil médical de la ZithaKlinik, exprime tout le bien qu’il pense de Jean-Louis Schiltz: «Nous sommes contents que le Conseil d’administration nous ait entendus et écoutés.» Son confrère du Kirchberg, le Dr Philippe Wilmes, n’en pense pas moins, d’autant que son implantation va, dès le premier janvier 2016, hériter de l’ensemble des services de garde, hormis celui du Centre hospitalier concerné pas les malades de la capitale.

Piquet de protestation

Jean-Louis Schiltz assure que tous les médecins du groupe participeront aux gardes. Il a toutefois demandé récemment leur avis aux médecins concernés. Que ZithaKlinik soit déshabillée de sa garde ne ravit pas l’ensemble de la profession. En dépit des accords, une nouvelle pomme de discorde est apparue, croquée d’emblée par le syndicat Santé, services sociaux et éducatifs de l’OGB-L. Ce jeudi 22 octobre, celui-ci organise un piquet de protestation, aux portes de l’hôpital du Kirchberg. Pour éviter de plomber les négociations sur le concept hospitalier, les négociateurs, dont le personnel, n’ont pas planché sur le délicat dossier des laboratoires.

On le voit, ce n’est que partie remise. Car la direction du groupe FHRS caresse le projet d’externaliser une partie de l’activité de ses laboratoires hospitaliers. Il s’agit en l’occurrence de l’activité ambulatoire, de tous les prélèvements sanguins opérés en dehors de l’hôpital. Ces prises de sang extra-muros et leur analyse dans les laboratoires du groupe représenteraient quelque 20% d’un travail qui intéresse le secteur privé. Levée de boucliers donc…

«Nous avons entériné les accords, mais nous ne lâcherons pas sur les labos», martèle une représentante du personnel. «La société de biologie clinique réagit également. L’externatisation pourrait débuter dès le mois de décembre.»

Le syndicat met en cause une concurrence sociale déloyale dans la mesure où le personnel des labos privés ne bénéficie pas de la protection de la convention collective. Des médecins craignent de leur côté que la méthode envisagée ne retarde l’obtention des résultats. Prochaine étape, une réunion avec la ministre Lydia Mutsch, contactée par les contestataires qui imaginent que d’autres tâches encore, comme la comptabilité, seront progressivement concernées.