Les Fintech au programme du forum de l’Alfi (15 et 16 septembre)

Photo: Editpress Fabrizio Pizzolante

Marc Fassone / Distribution transfrontalière au programme du traditionnel rendez-vous de rentrée de l’Alfi. Mais pas que. Les Fintech vont se dévoiler pour l’occasion.

Pour son événement de rentrée, l’Alfi met traditionnellement en avant la problématique de la distribution transfrontalière. Sa nouvelle présidente, Denise Voss, souhaite mettre également en avant les Fintech et écouter encore plus l’avis des investisseurs.
Ce sera le premier forum Alfi de la présidence de Denise Voss, nommée à la tête de l’association en juin dernier. Pour autant, ce n’est pas une novice qui sera à la manœuvre. Elle a, par le passé, présidé de nombreux panels et présenté quelques études. A l’Alfi, on privilégie le travail d’équipe. Mais chaque président possède sa sensibilité et peut mettre en avant des points qui lui tiennent à cœur. Et Denise Voss en met deux en avant.
Le premier d’entre eux est au centre des préoccupations de la Place depuis de nombreux mois maintenant: il s’agit des Fintech, ces entreprises qui utilisent les nouvelles technologies pour délivrer des services financiers. Ces entreprises se distinguent par des modèles dits «disruptifs» qui remettent en cause les pratiques traditionnelles de l’industrie financière. Elles sont particulièrement actives dans les secteurs de la banque en ligne, des paiements mobiles et du financement participatif.
«Pour notre industrie, deux aspects des Fintech sont particulièrement pertinents: la distribution et le big data», explique Denise Voss.
Pour elle, si les défis posés par la distribution en ligne de fonds d’investissement sont nombreux, il en est un qui se détache. Et ce n’est pas l’aspect réglementaire, c’est l’éducation des investisseurs. «Les achats en ligne sont un phénomène totalement nouveau en Europe, alors qu’ils commencent petit à petit à prendre un certain essor aux Etats-Unis. Dans le modèle traditionnel, il y a une relation entre le banquier et son client, un dialogue qui porte sur le but, les moyens et le timing de l’investisseur. Sur les sites, même si cela se développe, cela reste encore insatisfaisant. En plus du manque de conseils, laisser les acheteurs seuls face à eux-mêmes risque de permettre l’acquisition de mauvaises habitudes comme l’achat et la vente « compulsive » qui, à cause des frais, nuisent gravement à la performance.»
L’éducation est depuis quelques années une des priorités de l’Alfi qui a développé un site indépendant et dédié, understandinginvesting.org. Et c’est au nom de l’éducation, des professionnels cette fois, que l’association a décidé de mettre à disposition de 12 Fintech – à raison de 6 par journée – un stand d’exposition et des fenêtres de 5 minutes chacune pour se présenter dans le grand auditorium. L’occasion pour les entreprises sélectionnées de faire des démonstrations et de prendre des contacts. «Ce sera très bien pour les participants qui ne connaissent pas encore bien le secteur et ses enjeux. Dans notre industrie, il y a beaucoup de jargon. C’est encore plus le cas pour les Fintech. Les personnes intéressées auront une opportunité d’y voir plus clair.»

Samba brésilienne

Et de prendre conscience du second grand défi que posent les Fintech, à savoir le big data. Beaucoup de données sont acquises en ligne. Toute la question est de savoir quoi faire avec elles. Les Fintech ont toute une gamme de produits et de services pour la mise en place de systèmes de gestion pour capturer, utiliser et sécuriser les données. D’ici la fin du mois, un comité technique Fintech sera créé au sein de l’Alfi pour aller encore plus loin sur le sujet.
L’autre point qui tient particulièrement à cœur à Denise Voss, c’est l’investisseur. Elle n’est certes pas un précurseur sur le dossier. Cela fait des années que l’Alfi donne une place au «point de vue de l’investisseur». Cette année, cette place sera notoirement étendue puisqu’une demi-journée sera consacrée à la problématique. «Des investisseurs institutionnels – banques privées, fonds de pension et assureurs – viendront donner leurs points de vue sur les évolutions du marché, et sur ce que doivent être pour eux les bons produits.»
Les thèmes «traditionnels» ne seront pas oubliés. A tout seigneur, tout honneur, la distribution selon une approche globale. Les traditionnels partenaires de l’Alfi seront de la partie, l’Américain Nicsa, le Hongkongais de la Hong Kong Investment Funds Association (HKIFA) et les petits nouveaux, les Brésiliens de la Brazilian Financial and Capital Markets Association. «L’occasion de faire un tour du monde afin de voir ce qui se passe chez nos voisins, partenaires et prospects.»
Le Brésil est d’ailleurs un marché sur lequel l’Alfi fonde de grands espoirs et qu’il laboure depuis de nombreuses années. Un travail de fond qui devrait porter ses fruits. En effet, une nouvelle réglementation va être appliquée en octobre. Réglementation au terme de laquelle les fonds locaux pourront plus facilement investir hors de leurs frontières, et notamment dans les fonds d’investissement.
On parlera également réglementations. Car, même si actuellement en Europe il n’y a pas de nouvelles législations en approche, ce sont deux directives «critiques» qui doivent être mises en place: Ucits V et Mifid 2. La première, qui devra être applicable pour mars 2016, impacte directement l’industrie. Ce qui n’est pas le cas de la seconde qui ne concerne qu’indirectement le secteur des fonds, principalement sur des questions de reporting et d’information que les distributeurs devront fournir au client final.
Un autre point, plus politique, sera évoqué dans les travées: celui du rôle que pourraient avoir les fonds d’investissement au côté des banques dans le cadre de l’union des marchés de capitaux pour financer l’économie réelle.
L’Eltif (European Long Term Investments Funds), un règlement communautaire qui sera mis en place en décembre de cette année sera particulièrement décortiqué.
Tous les avis et retours d’expérience seront les bienvenus.