L’écharpe et le ruban

Alain Ducat / Plus qu’une poignée de jours. La dernière ligne droite, comme on dit même quand elle s’avère sinueuse, profitant de chaque courbe pour glaner quelques points d’estime. Car la course aux mandats touche à sa fin, en même temps qu’elle espère une nouvelle ère.

Ce jeu de chasse aux strapontins a généré un autre sport national, tout aussi récurrent: c’est fou ce qu’on inaugure, ces derniers mois, ces dernières semaines surtout, jusqu’au dernier moment sans doute. Contournement, zone d’aménagement, entreprise, commerce de proximité, centre d’attraction, tout est bon à placer dans l’agenda, comme si le fait de terminer à bonne portée du scrutin local avait été glissé dans le cahier des charges.

C’est de bon aloi, ou de bonne guerre: le ruban à couper – avec toutes ses variantes dans la construction, premiers coups de (tracto-) pelle ou pose de première pierre… truelle destinée! – et son inséparable paire de ciseaux sont des armes de conviction massive.

Celle qu’il faut conquérir en apportant à l’électeur, hésitant peut-être, voire mal informé, la certitude que l’on porte le chapeau de la réalisation tant attendue par le citoyen.

Le candidat – la candidate aussi, tant des mandataires féminines se sont fait une spécialité de l’inauguration à tour de bras – pourra alors se parer de l’atour, telle une plume plantée sur un couvre-chef, et briguer l’écharpe.

Cela étant, dopé ou pas par ses apparitions, le vainqueur ne sortira que de l’analyse des urnes.