Le voile et la robe

Olivier Tasch / On sent bien le bâtonnier gêné aux entournures, lui qui, ce 21 septembre, aurait, paraît-il, refusé l’assermentation d’une femme voilée. Les réactions l’ont bien embêté, avec d’un côté des applaudissements, parfois provoqués par une islamophobie à peine voilée, et de l’autre, le grondement des bien-pensants qui entonnent la ritournelle de la liberté religieuse. Pour mettre les choses au clair, François Prüm a rappelé qu’il n’avait pas empêché la candidate de se présenter, mais l’avait avertie qu’il déconseillerait son assermentation à la Cour si elle n’enlevait pas son voile. La candidate en question, qui a refusé de retirer son voile, n’a pas tenté le diable et ne s’est pas présentée devant la Cour. Sa voie de recours risque d’être étroite vu qu’elle est considérée comme absente lors de l’assermentation.

Toujours est-il que le bâtonnier a eu raison d’appliquer le règlement à la lettre à savoir que «l’avocat porte, dans l’exercice de ses fonctions judiciaires, la robe», ainsi, aucun signe distinctif n’est toléré. Car l’avocat se doit de porter la robe et rien que la robe. La toge noire doit garantir l’égalité d’apparence entre les avocats, pas de place donc au voile, à la kippa, ou comme le dit le bâtonnier de «pin’s de l’OGBL ou du LCGB». Si la question n’est donc pas religieuse, il faut néanmoins souligner que cette absence de signes religieux est assez récente. La robe elle-même est un vestige de soutane et rappelle le temps lointain où la justice était de droit divin… Et voilà moins de trente ans, le crucifix ornait le tribunal. Fort heureusement, tout cela appartient au passé!