Le cap des 12% de chômeurs a été franchi en mars dans la zone euro, selon les derniers chiffres publiés mardi 30 avril par l’office des statistiques de l’UE, Eurostat.
Voilà de quoi assombrir encore la fête du Travail du 1er Mai, où, au fil des années d’austérité, les Européens n’ont plus vraiment le cœur à la fête. Le seuil des 12% de chômeurs en moyenne des 17 pays de la zone euro avait été atteint dès janvier de cette année.
Il s’est maintenu en février, pour grimper à 12,1% en mars. Au niveau de l’ensemble de l’UE, le taux est resté stable à 10,9% depuis janvier.
Cela n’a pas empêché une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi dans l’Union européenne, estimés par Eurostat à 26,5 millions de personnes en mars, soit 69.000 de plus qu’en février. Dans la zone euro, le nombre de chômeurs a augmenté de février à mars de 62.000 unités pour atteindre 19,2 millions de personnes.
Les pays les plus touchés restent ceux du Sud: Grèce (27,2% de chômeurs en janvier 2013), Espagne (26,7%) et Portugal (17,5%). Les taux de chômage les plus faibles se situent au nord de l’Europe, en Autriche (4,7%), en Allemagne (5,4%) et au Luxembourg (5,7%). A noter, toutefois, que le Luxembourg a enregistré une hausse de 0,2% de février à mars 2013.
Partenaires sociaux à la Commission
Plus préoccupante, la hausse persistante du taux de chômage des jeunes au Luxembourg, qui a atteint 19,7% en mars, soit 0,5% de plus qu’en février et 0,9% de plus qu’en janvier. En moyenne de l’UE, près de 5,7 millions (23,5%) de jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi, dont 3,6 millions (24%) dans la zone euro. Avec, là aussi, des écarts considérables entre les pays du Sud: Grèce (59,1% en janvier 2013), Espagne (55,9%), Italie (38,4%), Portugal (38,3%) et ceux du Nord: Allemagne et Autriche (7,6%) et Pays-Bas (10,5%).
En attendant les prévisions de la Commission européenne sur le chômage, ainsi que sur la croissance, les dettes publiques et les déficits, qui seront publiées vendredi 3 mai dans le cadre des prévisions économiques de printemps, les derniers chiffres d’Eurostat auront fourni aux syndicats européens la triste occasion de dénoncer, une fois de plus, «l’échec des politiques macroéconomiques», comme l’a annoncé la Confédération européenne des syndicats (CES) dès la veille des manifestations du 1er mai.
Ce jeudi 2 mai, la CES et les autres partenaires sociaux européens participeront, à l’invitation de José Manuel Barroso, pour la première fois, à une réunion du collège des commissaires.
La secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol, veut y adresser le message suivant: «Les citoyens et les travailleurs ont perdu confiance; donnez priorité à la croissance et à l’emploi. C’est le soutien démocratique au projet européen qui est en jeu.»



