Le socialisme / C pour vous…

Les valeurs qui guident les socialistes sont extrêmement importantes pour une société progressiste. Le monde change et le socialisme doit changer avec lui. Il doit envisager un avenir nouveau qui prend en considération les changements dans les modalités de production, les relations sociales et les nouvelles formes de communication entre les êtres humains. Si cela n’est pas le cas, il a de fortes chances d’être relégué comme alternative politique et cela suppose de jeter l’éponge devant ceux qui, au lieu de chercher la justice et l’égalité dans le cadre de la mondialisation, essayent de maintenir le statu quo et d’élargir le pouvoir de ceux qui sont déjà particulièrement puissants.

C’est pourquoi il faut se renouveler pour générer un nouveau socialisme. Le socialisme doit proposer une nouvelle manière de structurer la société, un nouveau paradigme qui modifie les liens, qui renforce le respect, la participation et la solidarité. Si le socialisme est appelé à promouvoir quelque chose, c’est sans doute une vie meilleure à la communauté. Pour cela, il a besoin de renforcer non seulement une nouvelle relation entre l’État et le marché, mais aussi une définition culturelle puissante qui permette la participation des citoyens, qui renforce le coopérativisme, les association et la réalisation de l’individu dans des tâches qui contribuent à forger une société meilleure. Les sociétés, heurtées par la mondialisation, exigent exactement cela: être écoutées et soutenues. Dans le monde entier, et à la suite d’une crise économique qui est fondamentalement une crise culturelle et de modèle de société, des milliers de personnes se manifestent avec indignation contre les inégalités. Beaucoup parlent d’une révolte contre l’«establishment politique», contre les «vieilles représentations» et contre le «système».

Cependant, ce dont il est question véritablement, ce sont les citoyens, qui exigent une attention et des réponses à leurs demandes. Nous sommes appelés à remettre en place les valeurs sociales afin de faire face à l’antipolitique qui dérive, rapidement, en autoritarismes et en populismes. Le mot-clé de ces jours est l’«incertitude». C’est de là que naissent l’indignation, la crainte et les options politiques qui essaient de répandre un sentiment d’angoisse. Nous ressentons au quotidien que les Etats perdent du poids, mais ce ne sont pas les citoyens qui gagnent du pouvoir, ce sont les marchés. Les gens ont peur de perdre leur travail ou de ne jamais en trouver. Peur de vivre dans de pires conditions et peur que le progrès technologique menace notre existence. Les gens honnêtes exigent une réponse juste et non pas démagogique. Les chants de la droite ne sont pas la solution aux problèmes. La réponse correcte est l’élargissement des droits et des libertés, réviser nos processus politiques et mettre en œuvre les propositions qui permettent de construire la voie vers des sociétés plus fraternelles et inclusives.

Christine Schweich