Le rempart public

Maurice Magar / La CGFP souffle ses 50 bougies ce jeudi 9 novembre. Elle peut se prévaloir d’avoir su défendre et améliorer les conditions de travail des fonctionnaires tout au long de son existence et d’avoir su rassembler les différents syndicats qui la composent. Pour les représentants du patronat, la CGFP est désormais une machine de guerre redoutable qui ne cède pas un pouce. D’après les chiffres du Statec, plus de 38.000 salariés et plus de 15.000 retraités tombaient, en 2015, sous le statut de fonctionnaire. Ces chiffres ne tiennent pas compte du secteur «paraétatique» au sein duquel les salariés bénéficient parfois des mêmes droits que les fonctionnaires. Ce fonctionnariat, très majoritairement luxembourgeois, constitue un électorat redoutable, capable d’inspirer beaucoup de prudence aux acteurs politiques qui veulent s’attaquer aux avantages de la fonction publique. La réduction des indemnités de stage s’est ainsi accompagnée d’une prime unique et d’une hausse du point indiciaire. Ces avantages sont en partie responsables de la mauvaise réputation qu’ont les fonctionnaires. Mais la fonction publique luxembourgeoise est efficace, tout le monde s’accorde à le dire. Elle est aussi un rempart contre les privatisations et les emplois précaires. Car c’est dans le privé que les salaires stagnent. Au Luxembourg, le salaire social minimum fait vivre ses bénéficiaires sur le seuil de pauvreté. L’Etat se doit de donner l’exemple avec ses propres employés et de montrer la voie à des entreprises qui font primer le bénéfice sur le bien-être de ceux qui créent leur richesse.