Le phénomène de la guitare classique

Sylvie Martin /Premier concert de Miloš au Luxembourg ce jeudi 5 février à la Philharmonie*

2011: un contrat chez Deutsche Grammophon et une tournée internationale propulsent Miloš Karadaglic parmi les plus grands noms de la guitare classique. Depuis, le musicien, qualifié d’exceptionnel par la critique, n’arrête plus.

[cleeng_content id= »t1″ price= »0.49″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l’acheter à l’unité ou via un abonnement »]Son prénom lui suffit pour se présenter: Miloš. Dans son premier album solo Mediterráneo, grâce auquel il reçoit deux prestigieuses récompenses, Miloš raconte son histoire d’amour avec la guitare. Elle a commencé à l’âge de 8 ans, à l’écoute d’Asturias. A l’âge de seize ans, grâce à une bourse d’études, il quitte son Monténégro natal pour intégrer la Royal Academy of Music de Londres. Depuis, cette ville est restée son pied-à-terre et Miloš est devenu, selon le Sunday Times, «le plus grand phénomène de la guitare classique depuis John Williams dans les années 1960 et Julian Bream une décennie avant».

«Quand je joue, je visualise»

Dans quelques jours, le musicien reprendra ses concerts qui l’entraîneront de par le monde à un rythme effréné. Parmi eux, une date est particulière: celle du Luxembourg, où Miloš n’a encore jamais joué. «Je suis vraiment enthousiaste. Je n’ai pas d’attentes sur le public au Luxembourg. Au moment où je vois le public, j’ai l’énergie pour jouer le concert. C’est comme une nourriture». Le concert que donnera Miloš à la Philharmonie sera «le troisième de l’année. C’est toujours le meilleur!», annonce-t-il, avec le sourire. Chanceux? Le public luxembourgeois l’est certainement à voir le programme que le musicien lui a préparé. «Je veux montrer ce que je peux faire à la guitare à travers toute la qualité de son répertoire. C’est important pour un début!», explique-t-il. Le concert commencera donc par l’Introduction et variations sur un thème de Mozart de Fernando Sor, suivie de la Rêverie de Giulio Regondi, «une œuvre magnifique», de la Danza Espanola n°2 de Oriental d’Enrique Granados, «un arrangement spécial écrit pour mon premier album», avant de passer à des œuvres de De Falla ou encore Joaquin Rodrigo.

Pour finir, Miloš interprétera deux compositeurs encore vivants, le Mas que nada du musicien populaire brésilien Jorge Ben Jor et Koyunbaba de Carlo Domeniconi, «une pièce extraordinaire, extrêmement romantique. Comme Monet, très impressionniste», précise Miloš, «quand je joue, je visualise toujours. La musique permet l’imagination la plus fantastique. Cela change la façon de jouer».

Dans son second album, Latino, sorti en 2012, Miloš se consacrait à la musique d’Amérique latine. Son troisième et dernier album, Aranjuez, enregistré avec le London Philharmonic Orchestra sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, s’intéresse davantage à la musique espagnole. Trois CD qui servent d’introduction au «répertoire le plus naturel» de la guitare, avant un prochain enregistrement résolument «différent», dont le guitariste, tenté par deux projets très opposés musicalement, ne veut dévoiler plus. De toute façon, le musicien n’est «pas pressé», son prochain enregistrement devant attendre une pause dans son agenda de concerts. «J’adore tous les concerts que j’ai joués. Une performance live est un moment dans le temps qui ne peut pas se répéter. Le plus important est d’être connecté avec le public»… en espérant que la connexion sera telle au Luxembourg, que Miloš reviendra souvent! Infos: www.philharmonie.lu

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