Le parlement luxembourgeois reconnaît le génocide arménien

La Chambre des Députés a adopté à l’unanimité une résolution qui reconnaît le génocide des Arméniens. « Le but n’est pas de « taper »sur les Turcs, mais de reconnaître une réalité » argumentait le rapporteur Laurent Mosar au moment du dépôt du texte, fin avril.

Dans son discours à la Chambre, ce 6 mai, le député CSV a fait le lien avec la motion invitant le gouvernement luxembourgeois à reconnaître l’Etat palestinien. « C’est la deuxième fois que ce parlement s’exprime sur des sujets importants de politique étrangère» se réjouit Laurent Mosar. Le texte original, de la plume du groupe parlementaire du CSV, a été remanié en commission parlementaire et «nous étions tous d’accord, dès le départ, d’utiliser très clairement le mot «génocide» dans notre texte». Parce que « n’importe quel autre mot n’aurait eu aucun sens historique ou politique».

La résolution s’imposait, selon Mosar, pour commémorer la date anniversaire du début du massacre de centaines de milliers d’Arméniens, mais aussi d’Assyriens, d’Araméens et de Grecs pontiques (originaires des pourtours de la Mer noire), il y a tout juste un siècle. Une deuxième raison est que ce génocide a déjà été reconnu par les Nations-Unies et par 22 parlements nationaux, dont la Belgique, les Pays-Bas et la France. Le Bundestag allemand suivra ces jours-ci après que le gouvernement ait déjà fait un pays dans cette direction.

Le mémorial Tsitsernakaberd, à  Yerevan  AFP PHOTO / KIRILL KUDRYAVTSEV
Le mémorial Tsitsernakaberd, à Yerevan commémore le génocide débuté le 24 avril 1915 AFP PHOTO / KIRILL KUDRYAVTSEV

Il ne s’agit pas ici d’une résolution «contre le peuple ou le gouvernement grec ». Pas question de pousser sur le bancs des accusés les descendants des coupables. « Mais ce que les enfants et petits-enfants des victimes  sont en droit d’attendre, c’est la reconnaissance de faits historiques et par ce biais d’une faute historique ». Il s’agit de reconnaître , de déplorer et de commémorer, cent ans après, la destruction minutieusement planifiée d’un peuple dans toute sa vérité historique et sa cruauté inhumaine ».

Un geste pour dire « plus jamais ça » qui prend, selon Mosar, son actualité au vu des persécutions des religions en Orient, en particulier des chrétiens.

« Nous sommes persuadés que la reconnaissance du génocide arménien par les autorités turques est un signe important en direction de la réconciliation entre les Turcs et les Arméniens » conclut-t-il.

Laurence Harf