Le European Union Baroque Orchestra (EUBO) en pleine sélection

Sylvie Martin / Tremplin entre les vies d’étudiant et de musicien professionnel, le European Union Baroque Orchestra prépare sa nouvelle saison au Trifolion Echternach.

Assister à une séance de travail de l’EUBO où le temps s’arrête quand une cinquantaine de jeunes sont pendus aux lèvres d’un chef passionné et énergique, Lars Ulrik Mortensen. «Je parle, je parle… longtemps, mais c’est parce que ça m’intéresse!» et les rires fusent, avant que la musique ne reprenne de plus belle, dans toutes ses nuances et sa sensibilité. L’atmosphère est sérieuse car tous les musiciens, sur le point d’entamer une carrière professionnelle, espèrent être sélectionnés pour faire partie de l’EUBO la saison prochaine.
Chaque année, au Trifolion Echternach, où l’EUBO a sa résidence, la fine fleur du petit monde de la musique baroque se retrouve. Soit, cette année, 47 élèves à chacune des deux sessions de sélection encadrées par dix tuteurs.
«J’ai commencé à jouer de la viole baroque il y a environ un an et demi», explique Isabel Franenberg, la viole à la main, en train de finir ses études à Utrecht.
Elle est enchantée de son expérience à l’EUBO: «C’est beaucoup de travail, des journées entières, beaucoup de musiques différentes qui demandent de changer rapidement… il ne faut pas réfléchir beaucoup, juste jouer.»
A côté d’elle, Ayelet Karni, 29 ans, range son hautbois. Cette Israélienne, originaire de Slovaquie et qui étudie à la Schola Cantorum Basiliensis à Basel, espère être sélectionnée pour la saison prochaine de l’EUBO: «Nous jouerons avec de grands chefs comme Lars Ulrik Mortensen… J’ai terminé mes études et j’entre maintenant dans le monde professionnel. J’ai déjà beaucoup de concerts prévus… Si je suis prise à l’EUBO, je suis heureuse, mais je ne suis pas effrayée par cette transition!»
Depuis 1984, le but de l’orchestre est resté le même, explique Paul James, directeur général de l’orchestre. «EUBO est un orchestre pour les étudiants ayant la volonté de devenir professionnels dans le domaine de la musique baroque.
S’ils sont sélectionnés, ils passeront toute la saison avec nous, soit plus ou moins six mois, en jouant cinq programmes différents en environ cinquante concerts à travers l’Europe et sous la direction de cinq chefs différents. Cela leur donne l’expérience dont ils auront besoin dans leur vie professionnelle.»

«Jouer avec liberté et esprit»

Mais ce n’est pas tout. L’EUBO a récemment développé l’EUBO Mobile Baroque Academy (EMBA) qui complète l’arsenal de l’orchestre, en créant des liens avec quelques-uns des meilleurs orchestres européens – comme le Freiburg Baroque Orchestra, le Concerto Copenhagen, l’Orchestra of the Age Enlightenment ou le Helsinki Baroque Orchestra – qui garantissent du travail aux musiciens de l’EUBO à la fin de la saison. Mais aussi en travaillant avec des conservatoires de pays moins favorisés dans le domaine de la musique ancienne, tels la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, l’Estonie, ou encore en utilisant la technologie digitale pour donner des master class d’un pays à l’autre.
Et les résultats sont là: «Les étudiants ont changé depuis les débuts de l’orchestre! Je pense que le niveau général est plus élevé», s’enthousiasme Paul James. Un avis que partage le directeur artistique, Lars Ulrik Mortensen, de retour d’une répétition avec les tuteurs, en pleine préparation de leur concert du soir: «Le niveau augmente chaque année. Pas seulement le niveau de jeu, mais aussi celui de la compréhension.» Son message aux étudiants spécialisés en musique ancienne et baroque: «Jouer avec liberté et esprit! Je pense à toutes les choses qui ne sont pas écrites dans la partition, mais qui jaillissent de l’imagination du joueur!»
Rendez-vous le 20 septembre pour un premier concert en l’église Saint-Pierre-et-Paul d’Echternach en compagnie des «Maîtres du baroque inspirés par l’Italie».

* Plus d’infos sur www.eubo.eu
Le programme des concerts sur www.trifolion.lu