L’attente continue chez Cargolux

Un conseil d’administration programmé ce 25 octobre.

Loin de calmer les syndicats, Claude Wiseler reste soupçonné de duplicité. Son engagement d’informer le management sur le contenu des négociations n’a pas encore été tenu.

Après la divulgation par RTL d’un projet d’accord commercial entre Cargolux et son potentiel nouvel actionnaire, le chinois HCNA, la rencontre entre Claude Wiseler et les syndicats était placée sous le signe de la tension. Il est vrai que ce que l’on lisait dans ce brouillon avait de quoi inquiéter: départ du tiers de la flotte avec les personnels associés en Chine dans les 15 mois; création d’une nouvelle compagnie également basée en Chine dans les 12 mois et construction d’un centre de maintenance et d’un centre de formation des pilotes, toujours dans l’empire du Milieu.

Et le fait que le directeur général intérimaire, Richard Forson, soit le seul membre du comité de direction impliqué dans les négociations, n’arrangeait pas les choses.

[cleeng_content id= »424404148″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]D’autant plus que ni la délégation du personnel, ni le comité mixte de Cargolux ne sont tenus au courant de l’avancée des négociations. La mise au point apportée par Claude Wiseler, parlant d’un document de travail de départ qui n’était plus d’actualité et qui avait été fortement amendé, n’aura rencontré que peu d’échos.

L’OGB-L et le LCGB ont été reçus par le ministre et par Paul Helminger, le président du conseil d’administration de Cargolux, afin de dissiper les craintes.

En vain visiblement, du moins du côté de l’OGB-L.

Double jeu

Car si les syndicats ont obtenu des garanties quant au maintien de l’emploi et de l’activité au Grand-Duché, ces garanties n’ont été que verbales et de principes.

Rien de concret donc, regrette l’OGB-L.

Et rien n’a été divulgué quant à l’état d’avancement des discussions et aux contours du futur accord, confidentialité des affaires oblige.

Claude Wiseler a cependant confirmé aux syndicats que l’offre chinoise, jouissant d’un «préjugé favorable», est celle retenue.

Les autres prétendants, toujours dans la course la semaine dernière, si on en croyait le ministre, sont donc tombés dans les oubliettes de l’histoire.

Tous les détails concernant la transaction devraient être connus le 25 octobre, date à laquelle un conseil d’administration a été convoqué.

Voire même le 24 octobre, un comité mixte étant prévu dans l’entreprise. S’il n’est pas annulé comme l’a été celui du 7 octobre dernier.

Après les élections, donc. Ce qui inquiète Hubert Hollerich, le monsieur aviation de l’OGB-L. Il est vrai qu’à la vitesse à laquelle les ministres visitent les entreprises et mettent en valeur leur bilan, le silence de Claude Wiseler est assourdissant.

Pour le syndicaliste: «Tout laisse à croire que l’accord commercial reste très proche de ce qui a été divulgué, sinon, pourquoi ne nous dit-il pas ce qui a été amélioré?»

«Le ministre n’a pas respecté son engagement de transmettre au management l’actuelle version de l’accord commercial», relève encore le syndicaliste.

Et Hubert Hollerich d’imaginer que Claude Wiseler attend de voir de quelle majorité disposera son parti, le CSV, à la Chambre afin de voir s’il devra retoucher son projet avant de le dévoiler.

M. F.[/cleeng_content]