L’art en toute décontraction / «Dedans le Centre Pompidou-Metz» de Charlie Zanello (Dargaud)

Jacques Hillion / Un musée ne se résume pas aux œuvres présentées. Charlie Zanello en a rapidement fait l’expérience – et a décidé de la partager en bédé –, lui qui fut embauché comme libraire dès l’ouverture du Centre Pompidou-Metz. Il y restera six ans, croisera Buren dans un ascenseur («A chaque fois que je vois un store ou un parasol à rayures et ben je pense à vous!»), fera la connaissance de toutes les petites, grandes et plus ou moins importantes mains qui font tourner la boutique, soit les 5.000 mètres carrés consacrés aux expositions.

Visiteurs, artistes, commissaires d’expositions, agents de sécurité, collègues et invités de marque sont tous croqués avec humour à travers des anecdotes. Us et coutumes, bruits de couloir sont ainsi dévoilé sur un ton goguenard.

Les petits chapitres qui se suivent présentent ainsi en deux ou trois planches des éléments de vie du musée messin. Elles dévoilent ainsi les coulisses telles que l’organisation d’une rétrospective ou les mesures de protection qui entourent l’arrivée d’un Picasso par exemple.

Si le regard se veut ainsi didactique sur l’organisation interne d’un musée, que le visiteur n’est pas censé connaître, il reste cependant moins convaincant sur les relations entre collègues. Certes, les taquineries et les mesquineries des uns ou des autres prêtent à sourire, mais elles laissent un peu le lecteur sur sa faim.

L’art, naturellement, tient une place de choix ne serait-ce que parce que le graphisme met les œuvres en évidence. Alors que le dessin en bichromie se veut sans fioriture, elles sont représentées en couleurs et illustrées avec soin. Elles rythment ainsi la lecture et place le lecteur au cœur de la raison d’être du musée. Cependant, le discours sur les installations reste convenu («L’expo est bizarre, le principe est bizarre, les gens sont bizarres»). C’est dommage car il aurait été intéressant que cette découverte du Centre Pompidou-Metz soit aussi une porte d’entrée sur l’art contemporain.

En tout cas, voici une bédé qui complètera celles qui sont déjà consacrées à ces temples de la culture que sont Orsay (Les disparues d’Orsay, Moderne Olympia), Pompidou-Paris (Le syndrome de Stendhal) ou le Louvre (Le chien qui louche, etc.).