Sur la langue / Marie-Anne Lorgé

La Journée de LA femme n’existe pas. Il n’y a pas lieu le 8 mars d’honorer un idéal féminin à coups de fleurs. Certes, depuis 2016, on tend à privilégier le pluriel, et on s’en félicite, mais célébrer une journée DES femmes reste une opération marketing.

En fait, le 8 mars, c’est déjà une longue histoire, officialisée en 1977 par les Nations unies. Sauf que l’International Women’s Day d’alors a pris un singulier dans la

langue française. Depuis, on multiplie les campagnes

censées rectifier ce que l’on taxe… d’erreur de traduction! Désormais, ce qui prévaut, c’est une formule militante, englobant les droits (bafoués) des femmes. Sauf qu’à cette formule, on y consacre un seul jour (comme au sauvetage du thon) et que l’histoire reste variable, tributaire de la langue, laquelle épouse une inclination politique.

S’agissant donc de «la place de la femme dans une langue qui ne lui en laisse guère», voyez la résistance des linguistes à féminiser «auteur» ou «carreleur»… en «e» ou en «euse». Pendant ce temps, la Semaine de la langue française valorise dix mots, dont coquille et rébus, histoire de nous rappeler que… les mots ont un sens.

Mais comme le dit Tahar Ben Jelloun, parrainant le Mois de la francophonie à Luxembourg, «principes et valeurs sont du linge accroché entre deux fenêtres qu’aucune

lessive ne lave».