Lancement de la présidence: Chaud comme à Athènes

Photo: Editpress / Fabrizio Pizzolante

Il flotte comme un air grec sur le lancement officiel de la 12e présidence luxembourgeoise. Sur la place Clairefontaine, alors que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est attendu à deux pas de là, avec le Premier ministre Xavier Bettel, on assiste à une manifestation de soutien au gouvernement d’Alexis Tsipras. Quelques deux cent personnes sont venues écouter Jean Feyder l’ancien ambassadeur du Luxembourg auprès de l’ONU, Jean-Claude Reding, l’ancien président de l’OGBL et Vassilis Sklias, le porte-parole du mouvement Syriza au Luxemburg. Sur les banderoles, l’appel à la solidarité et à voter non au référendum grec, sur un drapeau, la faucille et le marteau.
Changement de décor. En traversant la place Guillaume, on croise les grosses berlines des diplomates de Bruxelles, moteurs et climatisations allumées. C’est qu’il fait chaud à Luxembourg, ce 3 juillet. « Chaud comme à Athènes » plaisantera même Juncker au moment de sa brève allocution.

Là où tout a commencé

Dans les rues alentours, la happy hour du piquenique européen bat son plein et les consommations gratuites attirent, non pas la foule des grands jours, mais presque. Au milieu de la place d’Armes, l’arbre à voeux attend ses premières cartes – toutes seront remises à la présidence et à la Commission.
Les ambassadeurs, membres du gouvernement et quelques députés, en sueur, s’amassent devant le kiosque. Juncker arrive avec sa cohorte de gardes du corps sous les applaudissements.
La bourgmestre de Luxembourg, Lydie Polfer, se réjouit de ce lancement « dans la ville vraiment européenne où, en 1952, tout a commencé ». Dans un immeuble qui donne sur cette place-même ont eu lieu les premières réunions de la Cour de justice européenne, « à l’Hôtel de Ville a eu lieu le premier Conseil des ministres »… Polfer espère, au terme de ces six mois de présidence, « une Europe encore plus forte, encore plus solidaire ».

Ce que nous savons faire le mieux

Son camarade de parti, le Premier ministre Xavier Bettel sait « que cette présidence ne sera pas simple (…) L’Europe est à un tournant où nous devons prouver que la solidarité signifie quelque chose, que le projet de paix imaginé en 1957 existe toujours. » Aussi, « nous ferons ce que nous savons faire le mieux; bâtir des ponts entre les gens, les citoyennetés et les pays ».
L’hymne européen, interprété par les Pueri cantores du Conservatoire de la Ville de Luxembourg retentit. Lancement réussi!

Le président avec un timbre spécial "présidence". Photo: Editpress / Fabrizio Pizzolante
Le président avec un timbre spécial « présidence ». Photo: Editpress / Fabrizio Pizzolante

Le programme officiel se poursuit avec la présentation d’un timbre spécial et du concours Europaquiz (que nous avons testé pour vous).

Tout ce qui nous relie… ou pas

Ensuite, direction la place du Théâtre pour le vernissage du projet artistique de la Ville de Luxembourg « Indoor – Outdoor » coordonné par Patricia Lippert. Les rangs officiels se sont clairsemés il ne reste plus que la bourgemstre, Xavier Bettel et Etienne Schneider pour admirer les oeuvres d’une dizaine d’artistes. Au centre, les six saltimbanques sont reliés par des fils « bleu européen » symbolisant « tout ce qui nous relie, tout ce qui fait la solidarité de l’UE ». D’autres installations sont plus critiques, comme un bureau d’immigration pour entrer à Euphobia. Le formulaire à remplir ne laisse aucun doute: êtes-vous prêt à gagner moins qu’un autochtone, en tant qu’immigré? Quels services pouvez-vous fournir? Le choix est restreint: prostitution, ouvrier dans la construction, nettoyage, cuisinier, banque, soldat. Ou encore, doit-on pardonner la dette grecque?

Un arbre à voeux... très parlant. Photo: Laurence Harf
Un arbre à voeux… très parlant. Photo: Laurence Harf

Tiens encore la Grèce. Petit retour vers l’arbre à voeux qui trône au milieu de la place d’Armes. Sur les nombreuses cartes déjà accrochées on lit entre autres: Juncker go away, un dessin avec les colombes de la paix  et… « en finir avec la crise grecque ».

Laurence Harf

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Testé pour vous: L’Europa Quiz