L’Allemagne durcit les règles sur les investissements étrangers

Le gouvernement allemand a adopté mercredi un décret renforçant les règles sur les investissements étrangers dans ses entreprises jugées stratégiques, sur fond d’inquiétude en Europe face à l’appétit de la Chine. « Nous restons l’une des économies les plus ouvertes du monde, mais veillons aussi à ce que les conditions de concurrence restent justes », a déclaré la ministre de l’Economie social-démocrate Brigitte Zypries dans un communiqué.

Berlin veut notamment se donner 4 mois au lieu de 2 actuellement pour examiner les offres d’achats en provenance d’entreprises situées hors de l’Union européenne (UE). Il étend aussi le champ des transactions soumises à son examen, notamment au domaine des prestataires de services ou de fabricants de logiciels utilisés par des sociétés appartenant à des secteurs stratégiques, tels que les réseaux d’électricité, les centrales nucléaires, l’approvisionnement en eau, les réseaux de télécommunications, les hôpitaux ou encore les aéroports. Le décret vise à « adapter les modalités des procédures d’examen au nombre croissant d’achats d’entreprises, qui sont de plus en plus complexes », explique le ministère de l’Economie. L’initiative ne cite pas de pays visés en particulier.

Mais il est clair que la Chine figure au premier rang. Elle intervient alors que les inquiétudes face à « l’expansionnisme chinois » selon les propos récents Angela Merkel, augmentent en en Allemagne et plus largement Europe. Au niveau de l’Union européenne, l’Allemagne a soutenu la proposition du président français Emmanuel Macron visant à laisser plus de pouvoir à Bruxelles pour contrôler les acquisitions étrangères dans l’Union européenne, afin de protéger les secteurs stratégiques. Mais cette idée s’est heurtée à des résistances au sein de l’UE, notamment de la part du Portugal, de la Grèce et de l’Espagne, qui craignent qu’une telle mesure n’entrave les investissements étrangers chez eux. Car si les Chinois visent avant tout des sociétés hightech en Europe occidentale, leurs investissements dans l’industrie et les services au Sud et à l’Est du Continent sont plus que bienvenus pour ces économies

AFP