Juncker blâme la République tchèque pour son refus d’accepter des réfugiés

Le chef de Commission européenne Jean-Claude Juncker a blâmé jeudi la République tchèque pour son refus d’accepter des réfugiés de Grèce et d’Italie dans le cadre d’un programme de quotas adopté par l’Union européenne.

Le gouvernement tchèque avait décidé lundi qu’il n’accepterait plus un seul réfugié en provenance de ces deux pays. Le pays de 10,6 millions d’habitants a accepté jusqu’à présent seulement 12 réfugiés de Grèce, alors que la part tchèque dans le programme européen s’élève à 2.600 personnes d’un total de 160.000 réfugiés qui devaient être délocalisés. « Il m’attriste que la République tchèque ait délocalisé seulement 12 personnes l’année dernière et aucun depuis », a déclaré M. Juncker dans un discours à l’Université Charles à Prague.

Malgré la position très claire de la République tchèque, la question des migrations est devenue un sujet politique brûlant dans ce pays qui se prépare aux élections parlementaires en octobre et présidentielle au début de 2018. Selon un sondage réalisé en février par l’Académie tchèque des sciences, environ 61% des personnes interrogées ont déclaré que leur pays ne devrait pas accepter de réfugiés, et seulement 3% estiment qu’il faut les accepter et leur permettre de s’installer en République tchèque. Trente-deux pour cent ont déclaré qu’ils accepteraient des réfugiés temporairement, mais voudraient qu’ils retournent chez eux une fois que la situation se calme dans leurs pays d’origine.

Juncker a dit qu’il « essayait de comprendre les sensibilités nationales », mais il a encouragé vivement les Tchèques de montrer davantage de solidarité. « Pour moi la République tchèque et les Tchèques sont très européens. Donc ils doivent être européens aussi sur la question des migrations ».