Un jeu de contrastes / Vu des marches

Le monde est ballotté par des forces contraires. D’une part, les tensions commerciales, le gouvernement populiste en Italie, les crises monétaires en Turquie ou en Argentine crispent les investisseurs. D’autre part, la confiance des chefs d’entreprise demeure solide, la politique monétaire reste favorable et la croissance mondiale cette année devrait dépasser celle de 2017.

Selon nous, aucune de ces forces opposées ne l’emportera, favorisant la volatilité à court terme.

Si beaucoup trouvent le président Trump imprévisible, dans ses propos comme dans ses actes, il est mû par des convictions fortes – par exemple l’instauration de droits de douane pour protéger les travailleurs américains de la concurrence internationale.

Depuis son avènement, il a entrepris de mettre ses idées en pratique, et son approche s’avère populaire auprès de sa base électorale, comme en témoigne la remontée de sa cote de popularité. Jusqu’aux élections de mi-mandat en novembre, le commerce restera une réelle préoccupation pour les investisseurs.

En effet, une série de ripostes tarifaires pourraient entraîner une hausse des prix et une baisse des échanges commerciaux, provoquant un ralentissement de la croissance et une contraction des profits.

Ce n’est pas notre scénario central. Nous estimons que des accords seront conclus avant les élections de mi-mandat. Toutefois, les inquiétudes et la volatilité resteront fortes en attendant.

Ces derniers mois, les actifs risqués ont souffert de la croissance atone aux Etats-Unis, d’un passage à vide en zone euro et de tensions géopolitiques et commerciales ravivées. L’économie mondiale s’enfonce-t-elle dans la récession?

Dans nos travaux, nous utilisons l’Indice du Conference Board américain pour identifier des points de retournement conjoncturel. Or il reste très proche des plus-hauts cycliques, laissant entrevoir la poursuite d’une croissance soutenue. Par ailleurs, l’indice des directeurs d’achats (PMI) est largement utilisé pour mesurer les périodes d’expansion et de contraction de l’activité, la frontière entre les deux étant fixée à 50. Il est donc encourageant que l’indice composite pour la zone euro ait grimpé de 54,1 à 54,8 en juin, toujours en territoire d’expansion, suggérant que le ralentissement du début de l’année n’annonce pas de récession.

Malgré le contexte économique solide, nous prônons une position neutre au vu des difficultés géopolitiques encore nombreuses. Le regain de volatilité attendu générera sans aucun doute des opportunités attrayantes pour repondérer les portefeuilles.

Alan Mudie,

Société Générale Private Banking