Jenny, Pola, Cassy défendent les couleurs luxembourgeoises

Texte et images: Alexeji Nickels

Aux championnats d’Europe en karaté une jeune équipe féminine a défendu les couleurs luxembourgeoises: Jenny Warling sportive de l’année en 2014, Pola Giorgetti la régionale ainsi que Cassy Schmit la dauphine de l’équipe. En effet, même si le Luxembourg a frôlé une médaille de bronze avec une 5ème place de Jenny Warling, le karaté reste un des sports au Luxembourg qui nous confie le plus de titres à l’international. Selon Pola et Cassy, un succès qui provient principalement de l’ambiance: «Nous sommes devenues une petite famille, nous nous soutenons et nous nous amusons, de plus nous sommes parfaitement encadrés par nos entraîneurs».
Les deux jeunes femmes nous ont exposé leurs curriculums et leur point de vue sur cet art martial.
filleslux1«Je me suis mise au karaté une fois que mon père avait lu dans le journal qu’un nouveau club de karaté a ouvert ses portes dans notre région,» commence Cassy. Pola s’y est lancée par l’intermédiaire d’une copine.
Ce qui reste fascinant est le fait que les deux karatékas voyagent beaucoup, combinant le sport avec leurs études. «Il est très difficile de combiner le sport de haut niveau avec les études. Jenny et moi restons les deux seules qui n’ont pas abandonné le karaté au moment où nous avons commencé nos études supérieures,» confirme Pola Giorgetti qui a entamé des études en Droit, il y a un an à Montpellier. Bien contente d’avoir ses amis étudiants autour d’elle. «La présence de mes amis lors de ces championnats m’ont permis d’évacuer mieux le stress, je serais bien contente d’avoir un tel Fan-club à l’occasion de tous mes championnats», rigole la jeune étudiante.
Pour Cassy le chemin aux études supérieures est en préparation, elle reste néanmoins consciente du choix à faire, «après avoir fini le baccalauréat, il faut tout simplement choisir entre le sport et l’école». Préparant à côté du tatami les épreuves de fin d’examen secondaire, elle veut poursuivre des études en mécatronique en Allemagne. «D’abord je vais choisir la meilleure université et c’est que par après que je vais regarder, s’il y a de bons clubs de karaté dans la région.»
filleslux3Si on se demande pourquoi l’Egypte, la France, la Turquie ou encore l’Azerbaïdjan dominent le karaté, la réponse est claire: «Ces fédérations travaillent d’une manière très militariste, les entraînements sont durs et la discipline infaillible». «D’autre part ces sportifs ont la possibilité d’exercer ce sport comme profession,» expliquent les deux sportives.
«Notre discipline a évolué, au fil des années, la rapidité a pris une place prépondérante et le karaté est devenu beaucoup moins technique, une raison pour laquelle le Japon, pays dominant auparavant a dû céder sa place aux autres nations,» explique la dauphine de l’équipe. «Beaucoup dépend du mental et l’entraînement technique n’est pas le plus important car lorsque l’attitude mentale est absente, nous ne pouvons jamais gagner,» ajoute Pola.
Quant à la question olympique les deux passionnées ont une opinion claire: «Nous souhaitons tous que le karaté deviendra un jour olympique, nous l’avons mérité.» «Il s’agit d’un sport très subjectif, les règles sont complexes à comprendre pour le public et de nombreux matchs sont décidés à l’issue selon le goût des arbitres. Il faudrait uniformiser les règles pour que notre sport puisse être intégré. Enfin, nous nous dirigeons dans la bonne direction,» concluent-elles.