« Je n’aime pas l’idée qu’il y ait des citoyens de seconde catégorie en Europe », dit Juncker

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a jugé jeudi qu’il était « inacceptable » que des aliments vendus sous la même étiquette puissent être de moindre qualité dans les pays d’Europe de l’Est, comme ceux-ci le dénoncent.

De Sofia à Budapest, en passant par Bratislava, les responsables politiques s’insurgent contre une qualité inférieure des aliments de marque vendus dans l’est de l’UE, où des chimistes ont été chargés d’analyser et de comparer les produits proposés sous la même étiquette dans leurs pays et à l’étranger.

« Je n’aime pas l’idée qu’il y ait des citoyens de seconde catégorie en Europe », a déclaré M. Juncker lors d’une conférence de presse, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre slovaque Robert Fico à Bruxelles. « Nous allons poursuivre notre intention commune de mettre fin à cette façon discriminatoire de fournir des denrées alimentaires au peuple slovaque », a assuré le chef de l’exécutif européen.

« C’est totalement inacceptable », a-t-il ajouté. M. Fico, qui avait dénoncé la semaine dernière un « scandale international », a pris acte de la volonté de la Commission de se pencher sur ce sujet. « Le fait le plus important à mes yeux est que la Commission et son président acceptent que le problème existe, et que le président a promis d’accorder son attention à cette question », s’est félicité le dirigeant slovaque. La Slovaquie, a-t-il précisé, est disposée à organiser un grand sommet avec les Etats membres et le secteur alimentaire.

Le chef du gouvernement bulgare Boïko Borissov a récemment accusé des grandes marques « d’un genre d’apartheid » alimentaire, tandis que le ministre tchèque de l’Agriculture Marian Jurecka se disait fatigué que l’Est soit « la poubelle de l’Europe ».

Des analyses publiées ces derniers mois en Slovaquie, en République tchèque et en Hongrie ont également relevé des différences de contenus sur une série de produits de marques identiques, allant des variétés de fromages dans une sauce carbonara aux matières grasses issues de plantes plutôt que d’animaux.

En mars dernier, la commissaire européenne à la Consommation Vera Jourova avait invité tous les Etats membres à rassembler et transmettre des preuves pour que la Commission saisisse l’ampleur du problème et envisage une réponse.