Investir: Qui n’a pas de Rolex dans son portefeuille à 50 ans…

490_0008_14111505_RolexMarc Fassone / On les appelle les investissements atypiques: des placements dans des produits de luxe qui constituent de véritables niches anti-crise.

Œuvres d’art, bijoux, vins, chevaux, montres…: autant de valeurs refuges plébiscitées en temps de crise. Et ce d’autant plus que l’heure est au recul pour la valeur refuge de référence, l’or.
Ces investissements sur des valeurs atypiques sont regroupés sous la notion d’investissement passion, un concept développé au Luxembourg par Elite Advisers, dirigé depuis 2007 par Miriam Wilson et Michel Tamisier qui avaient alors lancé, sous forme de SIF, le fonds Noble Crus dédié au vin.
L’idée était double: d’abord redonner du plaisir à l’investisseur via un investissement compréhensible, au caractère personnel pour des investisseurs souvent perdus face à la virtualité et la complexité de la finance.
Et garantir des rendements en misant sur des actifs tangibles décorrélés des variations erratiques des marchés et peu sensibles aux crises économiques.
Le ressort de ces investissements est finalement assez simple – c’est dans la mise en œuvre que cela peut se compliquer –: c’est la rarété qui offre à l’investisseur le meilleur potentiel de gain.
La logique d’évolution des prix est uniquement liée à la demande sur des objets rares et dont l’offre ne peut que décroître avec le temps. L’arbitre en matière de prix, ce sont bien entendu les salles de vente.
A la bonne heure!
La montre – l’un des seuls bijoux que l’homme élégant devrait s’autoriser – fait partie de ces actifs. Mais pas la Yema de Monsieur Tout-le-Monde, ni les futures montres connectées que l’on nous promet.
Le marché, relativement récent – à peu près un quart de siècle – est concentré sur les marques qui font la légende du secteur et, au sein de ces marques, sur des modèles ayant marqué l’histoire.
Les mécanismes (pulsation, mécanique), les fonctions – on parle de complications – (chronographe, tourbillon), et leur composition (or, platine, diamant, ivoire, argent) influent également sur les prix.
Détenir une Rolex peut faire de vous, à défaut d’un homme de goût, un financier exceptionnel si l’on se réfère au LuxPrice-Index, un indice constitué à partir de plus de 200.000 résultats de ventes aux enchères!
Sur une décennie, le prix d’une montre d’occasion de cette marque – la deuxième marque la plus vendue aux enchères – a été multiplié par 2,8.
Pour autant, il ne faut pas s’imaginer que l’on puisse retrouver des sommets de prix similaires à celui atteint par une montre Patek Philippe adjugée en 2010 par la maison Christie’s à Genève à 4,5 millions d’euros. 47% des Rolex d’occasion sont vendues à un prix inférieur à 5.000 euros. Tandis que seulement 2% d’entre elles sont vendues à un prix supérieur à 100.000 euros. Ceci étant dit, quel modèle privilégier?
La GMT Master – remplacée à la fin des années 80 par la GMT Master II – semble être le bon choix.
Tous modèles confondus, son prix a été multiplié par 4,6 en dix ans. Mais la GMT Master reste rare, elle ne représente en volume que 5,5% des ventes aux enchères de Rolex. Au sein de cette famille, c’est le modèle Pepsi – dénommé ainsi à cause des deux couleurs de la lunette: le rouge et le bleu rappelant la canette de ce soda – qui reste le plus mythique. Il a notamment été porté par Fidel Castro et Che Guevara.
La Daytona, la sportive de la marque, est également une bonne opportunité (350% en dix ans, tous modèles confondus), suivie par la Submariner, le modèle de plongée (+323% en dix ans).
Plus d’excuses.

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