International / Nobel avant l’heure

Alain Ducat / I have a dream… Donald Trump a beau être aussi éloigné de Martin Luther King que les Etats-Unis, sous son empire, le sont des vraies préoccupations du monde à libérer, on le sent bien qu’il rêve du prix Nobel, de la paix bien sûr, dût-il le partager avec Kim Jong-un. La poignée de main entre les deux va-t-en-guerre, devenus potes en quelques coups de flash après coups de gueule, a supplanté les prémices de la Coupe du monde de football en Russie. C’est dire! Vladimir Poutine a dû être ravi.

Trump-Kim, le nouveau duo des normes? On peut relativiser la portée de la rencontre, historique mais à suivre, après tant de rodomontades. Ou sourire à l’idée du dictateur coréen invité à la Maison-Blanche par un maître des lieux qui semble prendre sa demeure pour Disneyland.

Il faut aussi regarder le tableau d’honneur du prix. Des paires Nobel politiques, il n’y en eut pas des tonnes. Anouar el-Sadate et Menahem Begin en 1978, après Camp David. Nelson Mandela et Frederik de Klerk, post-apartheid, en 1993. Voire le trio Arafat – Rabin – Peres en 1994, pour les espoirs alors redonnés au Moyen-Orient. Des destins célèbres, pour des dossiers pas tous refermés.

Trump semble envieux du privilège. Carter et Obama l’ont bien eu. Des démocrates. Même
Al Gore, vice-président de Clinton puis candidat battu par George W. Bush, l’a reçu.

Martin L. King aussi, qui fut tué par un fanatique il y a cinquante ans. Un rêve brisé. Quand Trump relèverait plutôt du cauchemar.